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Sur les pas du Hussard

Lure, les bories...

Revue de presse

N° 104

Au pays de Lure...

Jas des Fraches

La poussière des chemins, l'air qui tremble sur la terre surchauffée, l'ombre des feuillages en bordure du ruisseau, la brise marine qui entre par la fenêtre ouverte, tout invite l'été à la modestie du voyage.

Et puis "comment pourrais je me décider à m'en aller un mètre plus loin, quand je n'ai même pas pu dénombrer les joies de cet endroit où je me suis arrêté ?" Jean Giono

Aussi l'été, sur le pas de la porte, c'est pour le randonneur aussi le temps de la lecture, du voyage dans la tête, l'occasion de retourner avec Giono en pays de Lure. "Comme les hommes, les pays ont une noblesse qu'on ne peut connaître que par l'approche et par la fréquentation amicale. Il n'y a pas de plus puissant outil d'approche et de fréquentation que la marche à pied..."

Mais au delà des paysages, c'est une certaine philosophie de la vie, de la lenteur, de la disponibilité que Giono nous dispense....

 

Au pays de Lure, "on est d'abord touché par un silence qui repose sur toute l'étendue du pays. Sur les vastes plateaux couverts d'amendiers à l'époque où les arbres sont en fleur, on entend à peine le bruit des abeilles.

"On peut marcher des journées entières seul avec soi même, dans une joie, un ordre, un équilibre, une paix incomparables.

"Peu à peu la terre monte et les arbres vous abandonnent. Non pas tout à la fois, mais un à un, vous laissant toujours un ami végétal et fleuri qui vous accompagne un peu plus loin puis vous laisse, vous ayant confié à un autre, et ainsi la terre peu à peu monte et vous fait pénétrer dans le ciel à mesure que vous passez des bras de l'amendier aux mains des tilleuls, puis des châtaigniers, puis des trembles et alors l'ondulation des terres vierges toutes nues se compose devant vous avec les lentes harmonies d'une ivresse divine.

 

Clos Guilhem

 

Borie de Garrouyères

 

"Il faut alors quelques pas pour apercevoir la toiture du monde; les immenses montagnes avec leurs pentes glacées. Il a suffi d'un jour pour que ce pays vous ait fait comprendre l'organisation la plus noble de la terre. Sa simplicité pleine de sagesse vous a obligé à la plus paisible, la plus durable des joies. Il vous a entouré d'une logique si éblouissante que vous êtes désormais habité par un dieu de lumière et de pureté.

"Mais il prépare votre retour par des chemins noués à des ruisseaux. Rien ne troublera plus votre sérénité. Le mariage de votre âme et de ce pays ne se défera plus. Pour retrouver les hommes, vous n'avez plus besoin de descendre. Vous les trouverez à cette hauteur : silencieux et sévères comme la terre, travaillant dans les champs qui entourent des temples, labourant les vergers d'oliviers au milieu de l'ordre des collines, reposant leurs regards par le spectacle de leurs villages agglomérés comme des nids de guêpes au milieu de la blanche odyssée des nuages.

 

"Vous aurez le désir d'être comme eux; vous entrerez sous la couverture de tuiles du village gris. On vous verra peut être encore une fois au détour du chemin puis vous pénétrerez sous la toiture du village et on ne vous verra plus : comme ces ruisseaux d'eau pure que personne ne voit, qui vivent sous la toiture des montagnes, dans la splendeur des roches profondes; comme tous ceux qui ont disparu ici dont on n'entend jamais plus parler, et puis, un jour, à la croisée d'un chemin, on rencontre un homme, on se dit :
"Mais je le connais."
Puis on se dit :
"Mais non, voyons, il n'était pas si vert."
Ne l'ayant pas reconnu tel que la joie et la paix quotidiennes l'ont changé".

Jean Giono - Je ne connais pas la Provence

Bonnes rando !

 

Garrouyères

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