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Moulin hydraulique

Revue de presse

Moulin à huile d'olives en Provence

 

N° 109

 

"Pourquoi ce chemin plutôt que cet autre ? Où mène t'il pour nous solliciter si fort ? Quels arbres et quels amis sont vivants derrière l'horizon de ses pierres, dans le lointain miracle de la chaleur ?
A la fin de l'hiver, sous la lumière inquiète, viendra l'olivaison. Sur ma face levée vers toi sauteront les petits fruits noirs et lisses. La jouissance est une pluie fraîche".

Albert Camus - La postérité du soleil

 

L'olivaison

"Nous ne sommes pas sur la Côte d'Azur ici. Nous ne gaulons pas les olives. Quelle idée de gauler les olives ! Comme de vulgaires noix ! Pour arriver à les gauler, d'ailleurs, il faut attendre qu'elles soient, non pas mûres, mais blettes, comme des nèfles, ce qui donne une huile sans goût.

Est ce qu'on peut imaginer une civilisation de la nèfle ! Nous sommes de la civilisation de l'olive, nous autres. Nous aimons l'huile forte, l'huile verte, l'huile dont l'odeur dispense de lire l'Iliade et l'Odyssée.

 



Entre les olivettes

Sous la barre de Cuers

" Nous cueillons des olives à un moment où l'on pourrait frapper dessus avec des gaules de plomb, elles ne tomberaient pas. Nous les ramassons avec les doigts, une à une, sur l'arbre même. C'est pourquoi le temps qu'il fait à une grande importance. S'il gèle, on se gèle; s'il fait du vent, les branches vous fouettent, et en plus en cette saison, le vent est généralement froid; s'il pleut ou s'il bruine, on se mouille, car il n'est pas question d'attendre que la pluie soit finie; on ne peut se permettre d'attendre les cinq ou six jours que peut durer une pluie de fin novembre.

Les moulins ouvrent le 9 décembre et ferment à la Noël. Il faut donc qu'en quinze jours au plus nos olives soient ramassées pour qu'elles aient le temps de fermenter avant qu'on les porte au moulin. Si j'en ai six à sept cents kilos, comme je crois, je ne peux pas me permettre de perdre cinq à six jours sur les quinze. (...)

C'est pourquoi, malgré une fantasia très spectaculaire cet après midi nous partons. Il y a un solide vent du nord bien carré dans son aire(...); on dirait qu'il est allé ramasser aux "quatre coins du globe" les haillons de tous les orages. Les haillons ne seraient rien sans les pluies qui sont pendues dessous. On est à peine parti qu'on en voit une déborder la colline du nord. Elle tient toute l'étendue. A mesure qu'elle descend la pente des collines, elle fait fumer les vergers et les engloutit sous les fumées".

 

"Nous nous abritons contre un mur de pierre sèche et nous nous faisons tout petits. De loin cette pluie là était impressionnante, mais quand elle se met à claquer autour de nous et sur nous, elle est parfaitement démoralisante. Qu'est ce qu'on va foutre dans les arbres avec un temps comme ça ? Nous sommes glacés, là, à ne rien faire. Il nous faut toute notre force rien que pour nous faire de la chaleur. Rentrons.

La maison est à cent mètres. Le temps d'y aller, on est cinglé de plus en plus dru et, dès qu'on arrive sous l'auvent, la pluie cesse; passe le grondement d'un vent de plus en plus sonore; le nord se fend dans toute sa largeur et s'ouvre sur un bleu angélique. Soleil. (...)
Qu'est ce qu'on fait ? On y va ?

Puisque de toutes façons on est revenu à la maison, je sauve les apparences. Je dis : "Je vais prendre un couteau scie et une corde. On ramènera des ramées." Mais, ayant pris le couteau scie et la corde, il faut maintenant s'exécuter et partir. Si on décide de partir.
Mais on ne peut rien décider d'autre : il fait soleil.


Iles d'Hyères, Conservatoire des oliviers


Fleurs d'olivier

 

" Il fait même un soleil fou. Il vient de tous les coins du ciel à la fois à travers les déchirures des nuées. Il balaie tous les paysages comme un faisceau de phare; comme un phare tournant à cent faisceaux. C'est une roue qui roule à travers les arbres, les vallons et les collines; ses rayons sont la haut attachés à un moyeu doré.
Quant à la chaleur, suivant une des formules préférées du ramasseur d'olives : le chaud qu'il fait, le vent l'emporte. Tant pis, partons. Et pour nous décider, nous nous servons d'un autre maître mot de la profession : si nous attendons juillet, elles seront confites".

Jean GIONO - Noé p 57 Folio

"Ce chemin, qui ressemblait à un long squelette, nous a conduit à un pays qui n'avait que son souffle pour escalader l'avenir. Comment montrer, sans les trahir, les choses simples dessinées entre le crépuscule et le ciel ?
Par la vertu de la vie obstinée, dans la boucle du Temps artiste..."

Rando Var vous souhaite ses meilleurs voeux pour 2014.

Bonnes randos !

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De la forêt de St Pons à la falaise de la Galère par la glacière

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