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Au sommet du Devoluy, l'Obiou

Du Pas du Clapier au Pas de la Torque

Patrimoine

N° 128

Randonner dans le Trièves


Au pied du Châtel, face au col de la Brèche

 

Au col de Lus-la-Croix-Haute les arbres étaient blancs, non pas blancs de neige, mais blancs de glace, pétrifiés comme s'ils sortaient d'un méga-congélateur. Rien ne bougeait. Nous avancions entre des statues de glace...

Raquettes au pied, nous sommes allés sur le piémont du Châtel et de l'Obiou voir cette cristallisation.

Arbres, arbustes, herbes, figés par la glace, avaient perdu leurs couleurs d'hiver. Ils portaient un voile, s'étaient mis entre parenthèses. Mais la neige conservait la marque, la trace de multiples passages de lièvres, lapins, chevreuils à la recherche de nourriture.

Au pied des falaises calcaires du Châtel, qu'ici dans le Trièves, les habitants appellent "Bonnet de Calvin", dans un silence absolu que seul le craquement de la neige réveillait sous le poids des raquettes, nous pouvions nous croire dans la nef d'un temple.

 

Le ciel était gris, bas, lourd "Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis et qu'il nous verse un jour plus triste que les nuits..."
Non, nous n'étions pas dans une ville grise, mangés par un spleen déplacé, mais en pleine nature, tous sens en éveil, gourmands et affamés !

Dans la nuit le vent prit au sud-est, par rafales.
Avec lui le foehn glissa sur les versants du Trièves, apporta quelques degrés de réchauffement.
Et la donne changea...

Le Trièves retrouve alors quelques touches de cette terre noire qui fait la richesse du plateau. Terres et feuilles mouillées et non plus glacées.
Suspendu au-dessus du Drac, l'empreinte du lac glaciaire, qui creusa la cuvette du Trièves, renaît au pied des falaises du Vercors et des montagnes du Devoluy.

 

Glaciation

Sous les épicéas

 

Dans la nuit, les feuillages, les plantes perdent leur carapace de glace. Le vert surgit. Les couleurs d'automne, brunes et marrons, reprennent vie, adoucissent la rudesse des blancs. Nous revenons en pays de tempérance.

Le ciel se dégage, et le Mont Aiguille, tel le rostre d'une galère antique ouvre sa route sur le plateau. Il nous rappelle Rabelais, Giono... Escaladé sur ordre d'un roi de passage dans la région, "l'Inaccessible", ainsi vaincu, connut l'humiliation d'une capitulation notifiée par notaire. Mais où se cache la vanité des grands ? !

Sur les flancs de l'Obiou, pas à pas, nous gagnons l'aire d'envol des parapentes. Les multiples villages qui parsèment le plateau se dévoilent un à un. Tous existaient déjà au Moyen Age. Chacun a son église, deux seulement ont gardé un temple.

Dans la neige, l'ombre du mur qui sépare le carré catholique du carré protestant des cimetières perdure... Habitude, respect, attachement aux traditions ou mémoire vivante des guerres de religion, des concordats qui suivirent... je ne sais. Pour poser ses pas, chacun semble ne voir que la trace choisie pour ne pas se mouiller les pieds...

Bonnes randos.

 

 

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