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Au sommet du Ventoux

Rando Var, randonner autrement

Patrimoine

N° 131

Terres vauclusiennes


Sommet du Ventoux vu du balcon nord

 

Pétrarque avait ouvert la voie..

Couché de tout son long entre Durance et Calavon, Giono ne disait pas couché mais vautré, le Lubéron est une terre de sortilèges, Henri Bosco l'a chanté, un pays de résistance exalté par René Char, la montagne secrète où Camus choisit d’oublier Sisyphe et reposer à jamais.

Centre d’échanges dès la préhistoire, pays d’accueil et de refuge, le Lubéron n’a jamais été une frontière pour les hommes. Le Mont Ventoux non plus comme l'attestent les céramiques et les olifants trouvés à son sommet.

Pétrarque en 1336 avait ré-ouvert la voie, puis les pénitents des Baux l’avaient pris pour but de leur pèlerinage annuel, croix et drapeau en tête, portés par les enfants de cœur, l’abbé suivant, tantôt à pied, tantôt assis sur l’âne.

 

Parfois, par extravagance, Monseigneur l’accompagnait sur une chaise portée par quatre grands gaillards venus de Gigondas ou de Sablet, dans cette rude montée, assis à l’ombre d’une toile légère tendue au dessus de la chaise. Les hommes, les femmes suivaient et chantaient.

Certains portaient dans la saquette, victuailles et bouteilles. Mais, quand Monseigneur montait, les besaces contenaient des cruches en terre, de ces cruches qui par évaporation tiennent au frais le vin de messe.

Monseigneur y goûtait d’un air compassé le long du sentier, tellement long et monotone, et la saveur fraîche de ces vignes se joignait à l’altitude, lui fouettait agréablement les sangs.
L’abbé, lui, se contentait de regarder marcher les enfants...

Leurs ombres, leurs chants sur ces sentiers, sont toujours présents sur ces sentiers, portés par les vents pour ceux qui savent les entendre...

 

Sur la crête du Mont Ventoux

Transparence méditerranéenne

 

Nous y sommes retournés, car le pays est beau, calme, on pourrait le croire endormi.

Les gorges de la Véroncle et ses moulins pétris d'ingéniosité, les gorges de la Nesque, les gorges de Loumarin, le fort de Buoux, ses sarcophages et ses silos, les eaux de l'Aigue Brun au pied des falaises, les bories égrenés sur le plateau de Claparèdes, les gorges de Régalon, la forêt de cèdres du Lubéron, les ocres de Roussillon, les gorges d'Oppédette, le Ventoux à partir de la forêt de Sault, à partir du versant nord ou dans les pas des processions venus des Baux... tout concourt à déserter la côte avant les grosses chaleurs, tout concourt à redécouvrir notre histoire et ses territoires.

Tout conduit à nous rappeler la fragilité de nos milieux, une fragilité encore trop souvent ignorée comme l'attestent la sécheresse et la latérisation des sols, et les incendies consécutifs, qui frappent ces temps ci l'Australie, conséquence du surpâturage irréfléchi conduit par les fermiers.

Bonnes randos.

 

 

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