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Randonner dans le Var

Revue de presse

Provence, Alpes, Côte d'Azur

 

N° 66

 

Prendre son temps serait une subvertion du quotidien... Nous nous interrogions lors de notre dernière lettre d'information sur les vertus de la lenteur et de son corollaire la proximité.

La marche à pied privilégie l'un et l'autre. Nous n'étions donc pas aux Maldives cet été, malgré la beauté des rochers de granit baignés par l'océan. Et nous n'avons pas pris l'avion.
Nous allons à pied. La beauté, le mystère se glissent souvent dans le détail que gomme la vitesse.
Nous allons en Corse où le granit et les taffonu valent tous les rochers de granit que lèche la vague de par le monde.
Là, le sable rosé, âpre et rugueux, enferment les bris lustrés des coquillages marins.
Là, la vague fraîche raisonne comme une conque dans le chaos rocheux.

Nous allons dans les Alpes...

 



"Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne..."

...Je partirai

Dans ce monde qui privilégie vitesse, utilité, rendement, efficacité, sommes nous anachroniques ?
Randonner serait il un acte de résistance, une célébration de la lenteur, de la disponibilité, de la conversation, du silence, une recherche de la curiosité, de l'amitié, de l'inutile, autant de valeurs résolument opposées aux sensibilités libérales d'aujourd'hui.... ?

David Le Breton, dans "Eloge de la marche", écrit que la marche est «une longue plongée dans une intériorité qui parait un abîme pour nombre de contemporains n'habitant plus que la surface d'eux-mêmes, en faisant leur seule profondeur. Le recours à la forêt, à la montagne, aux sentiers, est une échappée belle pour reprendre son souffle, affûter ses sens, renouveler sa curiosité, et connaître des moments d'exception bien éloignés des routines du quotidien."

Randonner est un moyen pour se ressourcer, se retrouver, ne plus être "à côté de ses pompes", remettre les pieds sur terre dans tous les sens du terme. Le chemin parcouru, même pour quelques heures, rétablit un centre de gravité; il nous rend disponible. .

 

La fatuité, la fausse nouveauté, les leurres nous écartent souvent des justes dimensions.
C'est pour cela qu'il nous faut nous contraindre et sortir des belles ornières, de leur clinquant.
C'est pour cela qu'il faut en toute saison abandonner quiétude et confort domestique pour, au plus près de la nature, repositionner les priorités.
C'est pour cela que nous aimons randonner. Pour laisser à notre esprit, à chaque pas, le loisir de glisser de ci de là, de rabouter les idées éclatées, de reconstruire une pensée personnelle à chaque posée du regard, à chaque réflexion décalée, à chaque idée née de l'inconscient. Marcher pour s'ébattre. Marcher pour colorer. Marcher pour construire. Marcher pour résoudre.
"Quand on a pour mission d'éveiller, on commence par faire sa toilette dans la rivière. Le premier enchantement comme le premier saisissement sont pour soi." disait René CHAR.

"Un marcheur est un homme ou une femme qui se sent passionnément vivant et n'oublie jamais que la condition humaine est d'abord une condition corporelle, et que la jouissance du monde est toujours celle de la chair, et d'une possibilité de se mouvoir, de s'extraire de ses routines. Sentir le travail des muscles, c'est aussi songer au plaisir du repos bientôt, à l'appétit qui grandit à l'approche de la ferme-auberge ou de la halte au bord du chemin." écrit David Le Breton,


J'irai par la forêt, j'irai par la montagne

..... (V Hugo)

 

"Cette fatigue n'est pas imposée par les circonstances, elle est voulue par le marcheur, elle fait partie du jeu. Le marcheur est son propre maître d'œuvre, il recourt seulement à son corps et à ses ressources physiques pour progresser, sans autre énergie que son désir et sa volonté de mener un parcours à son terme. La satisfaction est d'autant plus grande de ne devoir qu'à soi.

"Libéré des contraintes d'identité, hors de sa trame familière, il n'est plus nécessaire de soutenir le poids de son visage, de son nom, de sa personne, de son statut social… Il se défait du fardeau parfois d'être soi, relâche les pressions qui pèsent sur ses épaules, les tensions liées à ses responsabilités sociales et individuelles. Il tombe les éventuels masques car personne n'attend de lui qu'il joue un personnage sur les sentiers.

"Il est sans engagement autre que l'instant qui vient et dont il décide de la nature. Pendant des heures, des jours ou des semaines, il est hors du temps et disponible à toutes les rencontres. Expérience provisoire de mise en apesanteur des exigences de la vie collective. Marcher revient à se mettre en congé de son histoire et à habiter l'instant sans voir le monde au-delà de l'heure qui vient."

Que dire de plus ?

Bonnes randos !

PS
Mi septembre, une journée "découverte des plantes méditerranéennes" se déroulera près de Cassis. Si vous êtes intéressé, merci de vous faire rapidement connaître : rando.var@orange.fr

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