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Calanques

Le sentier du Président

Revue de presse

N° 83

Bivouac à Immandras....

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Immandras : Maire, Tiboulen, Les Goudes

 

L'île disparaissait dans le brume du soir, comme une carapace de tortue s'enfonçant dans les eaux.

Tiboulen la suivait, comme un bébé suit sa mère, et se perdait dans le voile bleuté. L'humidité montait des eaux, descendait du ciel, estompait falaises et lande.

Nous avions marché tout le jour, dos puis face au soleil, nous avions descendu des éboulis, escaladé des falaises. Nous nous étions écorchés au chêne kermès, aux épineux, à l'astragale. Et nous étions, à l'enfoncement du soleil sous les eaux, parvenus à la selle de Béouveyre, face au Cap Croisette, face à l'île Maire et son îlot Tiboulen. Nous étions au dessus du petit port des Goudes. Nous surplombions Immandras que décrivit Antonin voilà vingt siècles, dans son Itinéraire marin.

La roche, les pierriers avaient perdu leur blancheur aveuglante.
Résidu de la dernière guerre, un nid de mitrailleuse, à demi mangé par un pied de térébinthe, couvrait le littoral de sa ligne de mire.
Sous la falaise, parmi les asphodèles, un banc rocheux s'étirait. La pierre était lisse, plate. Chaude des derniers rayons de soleil. Elle ouvrait vers l'ouest, vers le Golfe du Lion. Une arrête rocheuse cachait Marseille et ses lumières.

Et la nuit, à nos pieds, envahissant la route littorale, nous coupait d'un monde électrifié...

Une brassée de tiges de romarin en guise d'oreiller, les duvets déroulés sur nos minces matelas de mousse, nous regardions les phares des îles du Frioul, de Planier, de la Couronne, et de Faraman perdu la bas à la pointe de la Camargue, s'allumaient les uns après les autres. Leurs éclats réguliers poinçonnaient la nuit, répétitifs, lancinants, fascinants, symboles d'humanité et d'assistance mutuelle, symboles aussi d'accélération des échanges maritimes. Le sommeil nous emporta.

L'asphodèle pousse ici partout. Elle s'accommode des sols les plus pauvres. Elle fleurit au printemps, sèche l'été. Ses fleurs attirent les abeilles.
La tige sèche servait jadis de flambeau dans les maisons, dans les cabanes, ou pour voyager la nuit.
Elle était aussi utilisée pour allumer le feu. La nuit de la St Jean elle portait la flamme.
Avec ses feuilles on garnissait les matelas, les selles. Sèches on les donnait aux bêtes. Le tubercule de l'année pouvait être consommé. En Corse on en faisait une eau de vie...

Et puisque le feu est évoqué, remarquons que la Grande Férule pousse là, aussi. Jadis, d'après Hésiode, le feu était transporté "au creux d’une férule" dont on aurait retiré la moelle. C'est ainsi que Prométhée aurait dérobé le feu. Ce serait un mode de transport du feu, dont il est dit, qu’il serait une "pratique millénaire" ( P. Lieutaghi, 2006) encore en usage dans certaines contrées...

 

Ile de Riou et Pas de Castel Vieil

Astérolide épineuse (Pallenis spinosa)

Au réveil, la brume était encore là. Transparente, fluide, elle avait déposé sur les cistes, les chênes et sur les quelques pousses de liserons de Biscaye et d'Astérolides épineuses qui colonisaient une fissure, une mince pellicule d'eau, la seule eau que reçoivent les plantes dans les calanques durant les 4 mois d'été.

La brume était là, légère. Sur le duvet la condensation avait transformé les plis en multiples réceptacles. L'eau était fraiche mais gouttait fâcheusement dans le cou... ou, pire encore, dans le creux de l'oreille !

 

 

Mais était ce le pire des réveils que découvrir les îles, à ses pieds, roses dans les premiers rayons d'un soleil trouant le voile ? Effraction. D'entendre des perdreaux venir boire à un bassin de ciment, de la taille d'une cuvette, qu'un chasseur avait aménagé entre les pierres ? Symbiose. Le sentier du Président serpentait en contrebas. Il contournait la roche rouge d'un fond du vallon, résultat non d'une surprenante anomalie géologique, mais de la pollution des industries du savon au XVIIIème siècle.

Nous descendîmes au port des Goudes, fort d'une vingtaine d’embarcations. Des pêcheurs ravaudaient, d'autres embarquaient les filets. Le guéridon était humide, mais les sièges étaient secs, et ce café, dans l'odeur iodée qui montait du port, pulsée par la houle et que la brume avait contenu, avait la finesse et la délicatesse des meilleures dégustations.

Bonnes randos !

 

La dernière quinzaine de juin, Rando Var installera son camp de base à Guillestre, dans le Queyras. Début juillet nous serons autour du lac d'Allos : col des Champs, col de la Gardiole, Encombrette.

Les journées nationales de l’archéologie auront lieu cette année du 22 au 24 juin. Une occasion unique de découvrir ou re-découvrir les derniers sites.

A bon entendeur !

 

Morgiou : prêt pour la pêche

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