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Camargue

Phare de Beauduc

Revue de presse

N° 88

Moteur coupé, la barque glisse sur son erre...

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Riou vue du Plateau de l'Homme Mort

 

Crique du Monastério, île Plane et calanques en arrière plan


Une ombre la suit, protéiforme. Elle brunit les algues, éteint les girelles.
L'étrave heurte la plage, le clapotis s'étouffe dans un crissement.
Nous voilà pied à terre sous les cris des "gabians" tirant la barque au sec.......

Souvent considérées comme des rochers peuplés de ces seuls oiseaux, les îles de Riou sont en réalité les derniers refuges pour un grand nombre d’espèces animales en quête de tranquillité, une faune remarquable, discrète, fragile, menacée.

Les insectes
Les îles, du fait de leur isolement, des conditions climatiques particulières et de la singularité de leur flore, abritent plus de 275 espèces dont 20 d’intérêt patrimonial majeur. Il s’agit d’espèces rarissimes, endémiques des côtes provençales, ou encore, pour certaines, aujourd’hui disparues du continent.

Les reptiles
Deux espèces de reptiles vivent sur les îles de Riou, elles sont toutes protégées au niveau national.

Le Lézard des murailles (Podarcis muralis), très commun en France, présente un intérêt patrimonial de tout premier ordre. En effet, les populations de chaque île, sont isolées les unes des autre, et de celles du continent, depuis près de 6 000 ans. Cette espèce a donc évolué différemment d’un site à l’autre : les individus présentent des différenciations morphogénétiques.

Protégé à l’échelle mondiale, le Phyllodactyle d’Europe (Euleptes europaea) est un tout petit gecko nocturne rarissime, endémique des îles de la mer Tyrrhénienne. Les îles de Marseille abritent une très belle population qui se trouve en limite d’aire de répartition. La pollution lumineuse, les goélands ainsi que la prédation par les Rats noirs constituent les principales menaces qui pèsent sur cette espèce.

Les oiseaux
L’un des intérêts majeurs des archipels marseillais tient dans le fait qu’ils constituent un site d’importance primordiale pour la reproduction des oiseaux marins méditerranéens. Ils sont ainsi le seul site français abritant les trois espèces d’albatros présents en Méditerranée.
Les îles de Marseille accueillent également d’autres espèces, souvent rares et prestigieuses, qui utilisent les hautes falaises calcaires ou les buissons de lentisque et de romarin pour installer leur nid.
Ainsi, 16 espèces se reproduisent sur les archipels. Ce sont :
  1. des espèces marines : Puffin cendré, Puffin yelkouan, Océanite tempête de Méditerranée, Cormoran huppé méditerranéen et Goéland leucophée,
  2. des espèces rupestres : Faucon pèlerin, Faucon crécerelle, Chouette chevêche, Grand-duc d’Europe, Monticole bleu, Martinet pâle, Martinet à ventre blanc et Choucas des tours,
  3. des espèces des garrigues : Rouge-queue noir, Fauvette mélanocéphale, Moineau domestique.
  4. des espèces de passage : situées sur un important couloir de migration, les îles de Marseille constituent également des sites de repos pour un grand nombre d’oiseaux au cours de leur voyage. Ainsi, plus de 200 espèces d’oiseaux ont été observées sur les îles où elles viennent hiverner, se reposer ou ne faire que passer…
Ces espèces ont besoin de tranquillité pour assurer les impératifs de la reproduction. La fréquentation des sites et l’augmentation exponentielle des goélands sont à l’origine de multiples perturbations mettant en péril le maintien des populations d’oiseaux remarquables sur ces archipels.

 

Puffins cendrés devant leur terrier

Lapin de garenne

Les mammifères
Les rares mammifères présents sur les îles sont pour la plus part des espèces introduites volontairement tel que le Lapin de garenne et le chat, ou accidentellement comme le Rat noir et la Souris domestique.
Les seuls mammifères indigènes des îles sont la Musaraigne des jardins et le Molosse de Cestoni, la plus grande chauve-souris d’Europe.

Les rats noirs (Rattus rattus) auraient été introduits sur les îles dès l’Antiquité. Aujourd’hui, l’accroissement démographique très important des goélands est directement responsable de leur prolifération.
La présence de rats sur les îles est à l’origine de perturbations particulièrement importantes sur la flore et la faune insulaire.

Le Rat noir est le principal consommateur de la flore et la faune insulaires.
Essentiellement végétarien, il consomme une cinquantaine d’espèces végétales dont certaines sont protégées telles que la Passerine tartonraire, le Plantain à feuilles en alène ou le Lys des sables.
La végétation nitrophile induite par la surabondance des goélands est néanmoins la principale source de nourriture pour les rats. Or, celle-ci n’est pas adaptée aux conditions de sécheresse extrême caractéristiques des îles de Riou et se dessèche très tôt dans la saison (fin juin-début juillet). Principalement phytophage, le rat est assez opportuniste et peut, en cas de pénurie, devenir carnivore. Il est alors capable d’exercer une forte pression de prédation sur les populations d’oiseaux marins que sont les Puffins et Océanites tempêtes. Cette prédation s’exerce aussi bien sur les œufs, les poussins, et les adultes (uniquement sur l’Océanite tempête) pouvant mettre en péril la survie des populations d’oiseaux marins.
Ils sont aussi des prédateurs potentiels du Phyllodactyle d’Europe.

Aussi des opérations de régulation sont réalisées. Selon la taille des îles deux méthodes sont employées :

  1. • sur les petites îles, les rats sont totalement éradiqués,
  2. • sur les plus grandes îles, des opérations de limitation des densités de rats sont menées toutes les années durant les périodes de reproduction des puffins.

 

 

Le Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus), a été volontairement introduit sur les îles de Marseille. Tout d’abord au XVIIIème siècle sur Riou, par les gardiens de la vigie, puis dans les années 1980 sur les autres îles. Il est aujourd’hui présent en grand nombre sur les îles de Riou et du Frioul, bénéficiant de l’augmentation de la biomasse végétale engendrée par l’explosion démographique des Goélands leucophées. En l'absence de compétiteurs et de prédateurs efficaces, les populations de Lapins de garenne se sont largement développées avec, pour conséquence, de multiples impacts sur la conservation de la flore mais aussi de la faune insulaire. Par consommation de certaines graines et plantules, le Lapin de garenne engendre une raréfaction d’espèces végétales protégées. Enfin, sur les secteurs sablonneux, les lapins en creusant leur galerie, déterrent les bulbes de Lys des sables.

Le Lapin de garenne est également à l’origine de perturbations sur les colonies d’oiseaux marins. Une concurrence s'instaure entre ce mammifère et les puffins pour l’occupation des terriers. En creusant des galeries, le lapin provoque l’effondrement de certains terriers de puffins. L’écrasement des œufs, des poussins ou tout simplement la perte du nid qui en découle peuvent alors conduire à l’échec de la reproduction.
Ces troubles influent sur la reproduction future de ces oiseaux : la perte du nid est une des causes principales de « divorce » chez les procellariiformes, oiseaux chez lesquels la formation du couple dure plusieurs années. Un « divorce » signifie donc la recherche d’un nouveau partenaire au détriment de la reproduction.
Des terriers artificiels ont donc été installés sur certaines colonies d’oiseaux afin de proposer des nids de substitution lorsque les terriers sont détruits.

Depuis 2006, des opérations de régulation des densités de Lapin de garenne sont menées dans les secteurs les plus fragiles de l’île de Riou afin de protéger la flore et les oiseaux marins. Lors de ces opérations, les lapins sont capturés à l’aide de pièges spéciaux puis confiés à la Fédération Départementale des Chasseurs qui, en partenariat avec l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), attribue les animaux aux sociétés de chasse des environs afin qu’ils soient utilisés comme gibier de repeuplement et relâchés dans des secteurs non chassés.

La limitation des espèces végétales envahissantes
Sur les îles, des espèces végétales envahissantes (Figuiers de Barbarie, Luzerne arborescente, Agave…) se développent au détriment de la flore originelle et contribuent à la diminution de la biodiversité floristique. Il faut donc prévenir de nouvelles introductions et contrôler ou limiter les espèces déjà établies sur les espaces sensibles. Des opérations d’arrachage de ces espèces envahissantes, nécessitant l’aide de bénévoles, sont donc organisées régulièrement sur les différentes îles.

Sur certains secteurs des îles des exclos sont également construits de manière à protéger certaines espèces végétales (Coronille de Valence et Plantain à feuille en alène) du broutage par les lapins et les rats. Un suivi permet d'apprécier l’évolution des écosystèmes.

Pour ces opérations, le CEEP recrute alors des volontaires, une occasion de mettre pied en archipel...

Alors...bonne traversée, bonnes découvertes et ... attention aux oeufs !!

 

Lézard des murailles

 

Rat Noir

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L'attitude mer ( dernier numéro du journal de Port-Cros)

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