Rando Var

rando83.fr - Rando Var - Randonnée Var Provence Alpes

Accueil > Danger > En trente ans 80% des insectes ont disparu

En trente ans 80% des insectes ont disparu

jeudi 19 octobre 2017

En moins de trois décennies, les populations d’insectes ont probablement chuté de près de 80 % en Europe. C’est ce que rapporte Le Monde, dans son édition du 19 octobre.
A partir des données de captures d’insectes réalisées depuis 1989 en Allemagne, la revue PLoS One publie une étude montrant que le déclin des abeilles domestiques, très médiatisé par le monde apicole, n’est que la part émergée d’un problème bien plus vaste.

« Nos résultats documentent un déclin dramatique des insectes volants, de 76 % en moyenne et jusqu’à 82 % au milieu de l’été, dans les aires protégées allemandes, en seulement vingt-sept ans. Cela excède considérablement le déclin quantitatif, estimé à 58 %, des vertébrés sauvages depuis 1970. »

Le facteur majeur permettant d’expliquer un effondrement aussi rapide, avancent les auteurs, est l’intensification des pratiques agricoles (recours accru aux pesticides, aux engrais de synthèse, etc.).

Formellement, les mesures publiées ne concernent que l’Allemagne. « Mais la France ou le Royaume-Uni ont des systèmes agricoles très semblables et qui utilisent les mêmes intrants qu’en Allemagne. On ne peut pas l’affirmer, mais il y a une bonne “chance” pour que l’Allemagne soit représentative d’une situation bien plus large. Si c’est effectivement le cas, alors nous sommes face à une catastrophe écologique imminente. »

Cet effondrement rapide a un impact de grande magnitude sur l’ensemble des écosystèmes – les insectes formant l’un des socles de la chaîne alimentaire.

« Les auteurs ont fait un gros travail statistique pour chercher des liens entre la diminution de l’abondance des insectes et différents facteurs comme la température, les sols, la biodiversité végétale sur le site, les changements du paysage environnant. Or ces facteurs interviennent localement, mais ne peuvent pas expliquer le déclin au cours du temps. »

Parfois, c’est même le contraire. En théorie, l’augmentation de la température est par exemple un facteur favorisant l’abondance d’insectes, et, depuis trente ans, les températures moyennes ont grimpé avec le changement climatique. Mais les insectes n’en disparaissent pas moins. « Notre analyse permet d’écarter certains facteurs, comme le changement climatique ou la perte de biodiversité végétale, qui sont parfois avancés pour expliquer le déclin des insectes ».

Enfin, la responsabilité des pathogènes naturels (virus, parasites, etc.) peut également être écartée puisque tous les insectes sont touchés par le déclin, quelle que soit leur espèce.

Les changements de pratiques des agriculteurs forment donc, selon les chercheurs, l’explication la plus plausible à l’effondrement en cours. D’autant que 94 % des aires protégées sur lesquelles l’abondance d’insectes a été mesurée se trouvent au milieu de zones de cultures.

Parmi les « nouvelles méthodes de protection des cultures », le traitement par enrobage des semences, grâce aux fameux insecticides néonicotinoïdes, est le principal suspect. « Il existe une variété de moyens par lesquels ces substances peuvent passer des zones cultivées vers des zones sauvages et des aires protégées ».

En savoir plus : http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2017/10/18/en-trente-ans-pres-de-80-des-insectes-auraient-disparu-en-europe_5202939_1652692.html

Portfolio