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De la Gardiole au cap Gros

mardi 14 novembre 2017

Sur les crêtes, la mer aux pieds

Il y a des jours où il faut prendre de la hauteur, où la mer est froide, où le vent creuse la vague et n’incite pas à suivre le rivage.

Ces jours là, il est des sentiers de solitude, de déshérence pour nous faire découvrir Marseille autrement, et la Ste Baume, le Gros Cerveau, les îles du Frioul ou le cap Sicié vautrés dans des postures nouvelles.

De là nous surplombons les sentiers d’estive, désertés sous nos pieds mais chargés d’images instables.

Et la mer, inlassable, qui bât le pied des falaises.

"Car tu nous reviendras, présence ! au premier vent du soir,
Dans ta substance et dans ta chair et dans ton poids de mer, ô glaise ! dans ta couleur de pierre d’érable et de dolmen, ô mer ! - parmi les hommes engendrés et leurs contrées de chênes rouvres, toi, Mer de force et de labour, Mer au parfum d’entrailles femelles et de phosphore, dans les grands fouets claquants du rapt ! Mer saisissable au feu des plus beaux actes de l’esprit ! ...
"

St John Perse - Amers 1957

Dénivellation : 250 m
Durée : 4h 30
Lieu de départ : Col de la Gardiole.
Localisation : Calanques

Entre Cassis et le col de La Gineste, prendre au sud la route de la maison forestière.
Stationnement : Stationner au col à proximité des barrières de l’ONF.

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Du parking prendre la piste orientée à l’ouest, et suivre systématiquement le sentier le plus à droite : il suit la crête, .
La vue porte loin : Carpiagne, la Gineste et la rade de Marseille. A main droite, une série de bancs rocheux que l’ancien sentier des excursionnistes marseillais tutoyait. A main gauche le cap Canaille, la Cassidaigne, le cap Sicié.
Sur l’ubac quelques cèdres survivent aux incendies et à la dessication générale.

Le paysage est désolé, la végétation typique des garrigues de cimes balayées par le vent. Les vallons des Rampes, de la Fenetre, de la Réserve, plus désséchés les uns que les autres, véritables fours quand le soleil frappe au zenith et renvoie sur les parois rocheuses l’éclat de ses rayons, sont désertés, lunaires. Quelques sentiers de solitude, couvert d’épineux les traversent. Il faut vouloir se faire pardonner pour se perdre en ces lieux...

Sur la droite, en contrebas, le sentier en provenance du col de la Gineste se profile. Il conduit au Mont Puget. Le chemin s’infléchit vers le sud après le vallon de la Réserve, et se divise. Aller vers le sud et laisser derrière soi le grand panneau de l’ONF signalant la limite du domaine de la Gardiole.
Voilà le cap Gros. Une ruine est posée au dessus du vide. Un puits recueille les eaux de pluie. Au pied, la Candelle, les falaises du Devenson, le plateau de Castelviel, la baie de Cassis, les îles de Riou...Là, il convient de s’asseoir et faire silence.

Entre les deux promontoires, un sentier condamné par l’ONF permettait de rejoindre la calanque de l’Oeil de Verre. Suivre la crête, entre vallon de l’Oulle et vallon des Chaudronniers, elle ressemble à l’arête dorsale écailleuse d’un dinosaure assoupi sorti d’En Vau. Suivre le sentier et prendre les escaliers : ils conduisent soit vers les falaises du Devenson, soit vers le Pas de la Candelle et la vue sur Sugiton.

Les falaises du Devenson ont été décrites à partir du domaine de Luminy. Le Pas de la Candelle également. Pour le rejoindre 2 possibilités : soit suivre le GR, balisé rouge et blanc, qui contourne le vallon supérieur du Val Vierge, soit couper le vallon et remonter le sentier fléché en pointillé qui conduit directement au Pas de la Candelle.

Le Pas offre un point de vue remarquable sur toute la partie Ouest du massif et notamment sur la calanque et le cap de Morgiou. La calanque de la Triperie, en forme de clef à molette, située à l’extrémité Ouest du cap, est caractéristique. Cette calanque présente plusieurs grottes sous marines et le boyau d’accès, condamné aujourd’hui, de la grotte Cosquer.

A partir du Pas de la Candelle, suivre la crête vers le Nord et s’élever progressivement au dessus de Morgiou et Sugiton en direction du Mont Puget. Ne pas suivre le sentier balisé qui s’échappe vers la droite en direction du haut du vallon mais rester sur la crête jusqu’au sommet (550m) puis se diriger vers le Mont Puget en restant sur la nouvelle ligne de crête. Le Mont Puget (563m) surplombe les terrains quaternaires où Marseille s’est édifiée : la vue embrasse les îles Pomègues, Ratonneau, If et toute la falaise calcaire de la Côte Bleue, jusqu’à la pointe Couronne qui ouvre sur le golfe de Fos. Les salins et le phare de Beauduc sont visibles le matin. Notre Dame de la Garde cache le Vieux Port. Les jours d’entrées maritimes denses, elle apparait comme une île sur une mer de nuages...

Rejoindre le point 550m puis les crêtes de l’Estret pour retourner vers le parking de la Gardiole.


Sur les crêtes ventées où affleure la roche calcaire seule une végétation basse adaptée aux conditions écologiques difficiles peut se maintenir. Certaines de ces espèces se regroupent pour former des associations végétales endémiques comme l’association à genêt de Lobel.

Ces crêtes rocailleuses exposées et ventées sont l’un des domaines favoris de deux passereaux méditerranéens : le rare traquet oreillard et la fauvette pichou
"Les cyprès projetaient sous la lune leurs ombres
J’écoutais cette nuit au déclin de l’été
Un oiseau langoureux et toujours irrité
Et le bruit éternel d’un fleuve large et sombre
"

Alcools - Guillaume Apollinaire

Au creux des vallons, coqs de bruyère ou perdrix rouges proviennent de lâchers cynégétiques. Ces lâchers tentent de compenser leur disparition.

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