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Quand le mistral souffle violemment...

lundi 20 novembre 2017

Quand le mistral souffle violemment et arrache les embruns à la surface des eaux, la côte de l’Estaque à la Couronne mérite bien son appellation de Côte Bleue tant les eaux affichent des bleus sombres et froids, des bleus violacés, des bleus outremer…
A l’abri du chaînon littoral de la Nerthe, la randonnée au soleil, sous le vent, est comme une promenade sous serre....

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Le port d’Ensuès La Redonne est charmant. De petits quais, quelques embarcations, quelques voiliers au milieu d’un plan d’eau quasi vide qu’observe toute une série de petits pavillons et cabanons s’étageant en amphithéâtre au-dessus de la baie.

C’est la simplicité des murets, du chemin, du portail, la sobriété des pins, de quelques yuccas, d’une avalanche de liseron, toute une quiétude à l’abandon sous le soleil de novembre qui font la richesse des lieux.
Le sentier du littoral tourne et vire entre les cabanons, monte et descend, écarte les voitures, filtre les randonneurs. Marseille s’aplatit au loin, blanchie par les embruns. Planier est ancré plein Sud, au large.

Puis les pins noircissent. Voilà deux ans, un feu poussé par un semblable mistral est arrivé jusqu’à la mer. Après avoir cerné les cabanons, être passé sous les ponts de la voie ferrée, l’incendie s’est abîmé en mer.
Il avait été allumé par un agent de mairie.

A la pointe du Rouet, la chapelle datant de 1653 a été restaurée. On devine l’ancienne muraille qui la protégeait et le passage creusé dans la rôche. La sécurité ne devait pas être alors une valeur sure et affermie. Autour d’elle, les pins sculptés par le vent ont des allures de drapeaux. Le récif est blanc. La mer striée par la houle naissante est comme un jeune labour, en rangs serrés…

Nous voilà à Carry, au loin, au delà des carrières gréco romaines que le flot recouvre en partie, la pointe de la Couronne pousse son phare vers le large.
Nulle trace du village gaulois incendié par Massilia. Il faut chercher, quadriller le terrain pour voir ce que furent ses soubassements...


Dès le début du VI siècle avant JC le développement du commerce maritime, vu la proximité de la cité phocéenne, conduisent les populations gauloises à s’installer en bord de mer. Ainsi deux villages gaulois s’établissent, l’un sur la pointe d’Arquet, l’autre sur la Pointe Tamaris.
Découverts en 1955 l’habitat cotier de l’Arquet a été exploré jusqu’en 1961. Le village gaulois est protégé par les falaises surplombant la mer, au sud, et défendu au nord par une fortification qui barre l’accès au site. L’occupation de cet habitat s’échelonne du début du VI siècle à la fin du IV siècle avant JC.
L’organisation des habitations témoigne d’un urbanisme structuré composé d’ilots longilignes desservis par deux rues. Au nombre de 35 à 40, les maisons sont à pièce unique, de plan quadrangulaire et occupent chacune de 9 à 16 m² de superficie.
A la fin du IVe siècle avant JC le village est incendié et détruit, probablement à la suite d’une attaque militaire des grecs de Marseille. Son abandon permit sans doute l’ouverture des 1ères carrières littorales au bénéfice de la cité voisine.
Source : Plaque d’information communale.

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