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Les cèdres du Luberon

lundi 5 octobre 2015

L’explosion démographique du XVIII siècle et la mise en exploitation de nouvelles terres ont eu pour conséquence une déforestation massive sur des terrains négligés jusqu’alors car trop pentus. Mais le dépeuplement des campagnes qui a suivi a laissé à l’abandon ces sols ; Très rapidement dégradés ils furent à l’origine de glissements de terrains, crues et inondations.

Aussi la politique de reboisement, conduite sous Napoléon III, fut énergique.

La première génération de cèdres fut plantée en 1861. Les graines, de l’espèce Cédrus atlantica, provenaient de l’Atlas algérien. Encadrés par les forestiers des Eaux et Forêts, la plantation est l’œuvre des villageois de Lacoste, Bonnieux, Ménerbes, Mérindol....

Dénivelé : 90 m Durée : 2h00

Localisation :Petit Lubéron
Départ : Route des Crêtes. La route des Crêtes débute sur la D36 reliant Lourmarin à Bonnieux, 1,5 km avant d’arriver à Bonnieux.
Stationnement : Un parking (payant en haute saison et ombragé) est aménagé à l’extrémité de la route forestière. Y stationner.

Voir la carte IGN>
Cartes IGN au 1 / 25 000 : 3142 OT
L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

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Se diriger vers les cèdres : leurs cimes dépassent la végétation de buis, chênes verts, églantiers environnant. Un sentier botanique est aménagé, bordé de plusieurs panneaux muséographiques. Sur un lit de petits cailloux blancs, à l’ombre de cèdres impressionnants, vous entrez sous le couvert végétal, au frais, dans le royaume des elfes....

Suivre le balisage, remonter le vallon. Croiser le chemin qui conduit à Lauris, dont les courbes dévoilent le Mourre Nègre et le Grand Luberon.

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Le dernier panneau est situé au point culminant, un petit plateau. La vue embrasse là l’étang de Berre, le golfe de Fos, et la chaine des Cotes et des Alpilles au premier plan.

Le retour s’effectue par un large chemin, toujours à l’ombre des cèdres. C’est une promenade courte.

Aussi, à cette promenade... digestive, nous préférons le GR 97 au départ de Lourmarin. Il convient de le suivre jusqu’ à la citerne de l’Aire de Bosse pour rejoindre alors le massif des Cèdres. Le retour s’effectue par la boucle du Grand Suis. Compter 700 m de dénivelé et 6h30 de marche.

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Cette forêt magnifique couvre 250 hectares. En partie détruite lors des incendies de 1952 elle a été régénérée par les semis naturels des arbres rescapés : le cèdre pollinise en effet ces graines sur de longues distances grâce aux ailes dont les graines sont pourvues.

Comme toute forêt, la forêt de cèdres a été un lieu de fabrication de charbon de bois. La forêt porte encore la trace noircie des meules de charbonniers. Voilà ce qu’en dit le "Précis illustré de mécanique" en 1894 :

« Le charbon de bois provient de la carbonisation du bois, brûlé sans air pendant un certain temps.

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" Cette opération se fait à l’emplacement même où on le coupe, c’est-à-dire dans la forêt, et voici comment :

Les morceaux étant de longueur de 0m à 1 mètre environ, on les met debout et inclinés, entassés les uns sur les autres en formant une circonférence dans le plan horizontal de 3m à 6 mètres environ de diamètre, et une demie dans le sens vertical de 2m50 à 3 mètres de haut environ, en laissant un trou de toute la hauteur dans le centre pour y mettre le feu, qui consiste en charbon de bois allumé, puis on le referme totalement et on met une couche de terre ou de gazon sur toute la surface pour éviter les courants d’air. Il brûle dans cette position pendant quinze jours ou trois semaines suivant la qualité du bois, et lorsqu’il est suffisamment brûlé on remet une nouvelle couche de terre sur toute la surface pour l’étouffer complétement et on le laisse refroidir, puis on démonte le tout.

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Le bois étant assemblé et le feu y étant, il prend le nom de fourneau et demande à être surveillé nuit et jour. »


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Au milieu du XIXème siècle, les zones montagneuses des Alpes méridionales sont de vastes étendues dénudées, le manteau forestier est quasi inexistant.

"On dirait un pays brulé, usé, rongé jusqu’à l’os par une civilisation détruite. Point d’arbres, sauf des muriers espacés, des oliviers souffreteux, parmi des myriades de cailloux et de rocs nus, desséchés, blanchâtres ; (...) à l’horizon, des hauteurs dégarnies allongeant les une au dessus des autres leurs squelettes de pierres ; l’homme a tout mangé, il ne reste rien de vivant ; de misérables herbes épineuses, de petites broussailles vivaces se blottissent dans les creux, sur les escarpements. La terre elle même manque, elle a été grattée, ratissée ; les forêts une fois détruites, les rivières sont devenues torrents et l’ont raclée, emportant avec elles tout ce qui alimente la vie. Il ne reste plus que la charpente primitive du sol et le terrible soleil" H TAINE Carnets de Voyage (1863 - 1866)

La situation est telle, que l’Etat doit se substituer aux initiatives locales. Napoléon III en homme de son temps qui rêve de maîtriser la nature, assécher les marais (Landes, Sologne) et coloniser de nouvelles terres qu’il croit vierges, engage un programme de grands travaux.

Quelques préfets, dès 1819, avaient déjà préconisé d’empêcher les déboisements, de boiser les sommets et les pentes et d’endiguer les torrents afin de restreindre crues et inondations catastrophiques pour les habitants et les troupeaux.

La loi du 28 juillet 1860 est une première : l’Etat désigne les terrains à reboiser et oblige les propriétaires à le faire eux mêmes. Elle sera complétée par la loi de 1864 : une stratégie cohérente de reboisement et revégétalisation est alors mise en place.

La forêt de cèdres du Lubéron en est une illustration

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