Randonnée Var Provence Alpes

Accueil > RAu - delà > 3 - Hautes Alpes > Champsaur Valgaudemar > Le Balcon de Tirière

Le Balcon de Tirière

lundi 5 octobre 2015

Une randonnée d’été ou d’automne, dans un cadre de montagne sauvage, à l’intérieur du Parc National des Ecrins, à la rencontre des chamois, des bouquetins, et des troupeaux de moutons.

Une randonnée où l’on met ses pas dans ceux des paysans-mineurs qui autrefois, quand la neige interdisait tout autre activité, les conduisaient à la mine, unique source de revenus d’appoint.

Dénivelé : 650 m Durée : 8h00

Localisation : Valgaudemar

Départ : Parking inférieur de Gioberney (altitude :1590 m)
Suivre la D480 jusqu’au fond de la vallée. Stationner après les deux virages en épingle à cheveux. Le parking entouré d’aulnes surplombe une passerelle enjambant le torrent de Gioberney.

Voir la carte IGN
Cartes IGN au 1 / 25 000 : 3336 ET, 3437 OT
L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

Du parking descendre vers la passerelle et suivre le sentier du Président, une confortable approche selon la courbe de niveau en direction du Clot Civier, sous la masse imposante, plein sud du Sérac. Le torrent cascade à main droite, la vue couvre le haut Valgaudemar, mélèzes et arbustes bordent le sentier. En contrebas le GR 54 serpente dans le lit caillouteux du torrent. Seul le tintement intermittent d’une cloche signale la présence de troupeaux de moutons cachés quelque part au dessus de nos têtes.

Ne pas emprunter à main gauche le sentier qui remonte le torrent du Pis et conduit à la cabane éponyme, mais poursuivre vers le sud en empruntant les différentes passerelles installées, démontées chaque hiver par les agents du Parc et remises en place chaque printemps.

En pénétrant dans le Clot Civier le sentier s’écarte du GR 54, et du refuge de Vallonpierre caché derrière un replat, pour gravir le cône de déjection de la Pointe de Chabournéou (3250m) et par là rejoindre le charmant refuge de même nom (1998 m) assis sur un éperon rocheux.

Au delà, le sentier s’oriente vers l’est, franchit un ancien verrou pour déboucher au replat des Roux (2137m) à l’herbe grasse, traversé par le torrent de Chabournéou. Des Roux débute la voie d’accès à la Pointe de Chabournéou et celle du Pic de Jocelme (3458 m) à travers le glacier de Surette.

Franchir le torrent. Le sentier descend puis remonte et rapidement domine le refuge de Chabournéou, son bassin, sa terrasse. Quelques abris de berger de ci de là accompagnent alors une confortable déambulation sur un balcon posé à 2000 m, embrassant du regard plusieurs vallées, et tous les sommets avoisinant.

A hauteur du double vallon du Pis le sentier plonge. Les névés y perdurent tard en saison. Ubac et coulures d’air froid descendant du glacier des Aupillons, et du col du Sella (3084m) n’y sont pas étrangers. Au nord, les Aupillons (3505m) et la Crête de la Chauvetane ferment le paysage.
La cabane du Pis appuyée à un rocher, est des plus humbles. Des loirs y ont pris possession. Elle disparait sous la luxuriance de chénopodes et autres plantes nitrophiles.

JPEG - 86.6 ko

Prendre à main droite, 400 m en contrebas de la cabane, le sentier qui conduit à l’abri de bergers de Tirière (2340m). Il constitue le point culminant de notre randonnée. Il fut construit en 1983 par l’ONF. Nous sommes là, au milieu de troupeaux de moutons, sous la crête de Chauvetane où de nombreuses galeries de mines ont été abandonnées aussi bien en face sud (mines de Chauvetane) où nous nous trouvons qu’en face nord, au dessus du ravin de la Condamine (mine de la Touisse).

Pour rejoindre le parking poursuivre vers le nord en direction du ravin de la Condamine. Une succession de ressauts, une vue plongeante sur le torrent, l’hotel du Gioberney, le lac du Lauzon, le Voile de la Mariée.... Le pâturage laisse place à la forêt de mélèzes qu’accompagne progressivement le puissant grondement du torrent, roulant force eaux et cailloux, et dont la fureur éclate jusqu’au parking.


Les mines du Valgaudemar furent ouvertes en 1818. L’extraction concernait principalement le plomb (gallène) et accessoirement l’argent. Les mines de Chauvetane en dépit de plusieurs changements de propriétaires connurent une faible production et furent fermées en 1923 par manque de rentabilité.

Vu de la Cabane de Vaccivier ou du refuge du Pigeonnier, le sentier, taillé en corniche dans la falaise qui conduit à la mine de la Touisse, ne manque pas d’impressionner : c’est le domaine des chamois, à pic sur le torrent et le glacier de la Condamine.

Lors de l’exploitation des mines, les femmes étaient chargées de redescendre le minerai extrait dans la vallée. La mine étant une activité exercée principalement en hiver par des bras qui ne trouvaient plus à s’employer dans l’agriculture, il est permis de mesurer la pénibilité des travaux dévolus alors aux femmes....