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Cabanes et cabanons de pierres sèches, dits bories

samedi 21 octobre 2017

Née de la nécessité d’épierrer les terres pauvres, de la nécessité de disposer de matériaux qui ne coûtent que patience et sueur, la construction des cabanes de pierres sèches s’est développée "avec des organisations sociales où étaient disponibles, outre le rocher délité, une main d’œuvre abondante, pour des activités où le rendement n’était pas compté," selon les termes de Pierre Coste et Pierre Martel.

Le terme de borie, utilisé de nos jours pour qualifier ces constructions, est un terme récent, introduit à la fin du XIX siècle seulement. Dans les archives, c’est le mot de cabane qui est utilisé. "La vie de St Donat", écrit au XII siècle, comporte la première expression connue, explicitant la technique de fabrication, sous les mots : "hutte en pierre sèche".

Ces constructions sont éphémères. Elles ne datent pas de l’âge du bronze ni de la Gaulle romaine. Un mur, en effet, une cabane exigent que chaque année on les reprenne. Les jas, aujourd’hui debout, sont contemporains du chemin de fer ! Mais plusieurs vestiges attestent de l’ancienneté de la technique de construction des pierres sèches.

A la fin du néolithique des villages entiers de Provence utilisaient cette technique. Les enceintes des oppida pré romains, avec deux ou trois parements successifs en pelure d’oignon comme, dans le Var, le Pain de Munition, sont en pierres sèches.

Mur, murets, enclos : les pierres empilées prennent moins d’espace, rendent la terre propice à la culture. Il est des lopins de terre étirés en terrasses ou entre des murailles de pierres, qui témoignent de la farouche volonté paysanne d’accroître le domaine cultivable. Cet essor des campagnes cessera au XIX siècle avec le début de la révolution industrielle, et la venue du chemin de fer.

Enclos, abris, murets, bergeries, resserres à outils, ruchers, fours à chaux, à poix, à huile de cade, à charbon de bois, terrasses tout témoigne d’un savoir faire dans une mise en forme sans artifice de la pierre. Un quête proche des préoccupations de l’art moderne. D’où le charme de ces constructions, au carrefour de l’émotion esthétique, de la curiosité intellectuelle, de notre besoin de nous situer dans un monde en marche...

Pierre Coste dans l’ouvrage déjà cité, aborde tous les aspects de la construction, de la recherche, des matériaux, de la différence de statut entre le possesseur d’une cabane et le possesseur d’une construction au mortier. Les lauses servaient pour la couverture. L’eau de pluie était recueillie et dirigée vers des citernes. Tout un système de rigoles creusées dans la roche tisse la toile des aiguiers. Ceux ci sont, comme les cabanons, couverts d’une toiture en coupole ou protégés d’une voute en berceau. Souvent semi enterrés ils conservent une eau propre et fraiche.

Source : P COSTE et P MARTEL - Pierre sèche en Provence
Edition Les Alpes de Lumière.