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Fours à cade et fours à poix en Provence

samedi 21 octobre 2017

L’extraction de l’huile de cade répond, entre autres, à la demande de la médecine, de la cosmétologie, de l’élevage, aux soins vétérinaires. Voir les usages multiples de la cade.

L’extraction de la poix répond aux besoins de la marine afin de calfater les bordés des bateaux, étanchéifier les ponts et renforcer les cordages.

Le four à cade : Nombre et répartition

Sur les cantons du sud-ouest varois ont été recensés 176 fours, 10 dans les Bouches-du Rhône. Voici leur répartition par communes.

Var : Le Revest, 1. Le Beausset, 24. Riboux, 3. La Cadière, 20. Rocbaron, 1. Le Castellet, 28. Sanary, 1. Evenos,37. Signes, 52. Mazaugues, 1. Solliès-Pont, 1. Méounes, 2. Solliès-Toucas, 2. Nans-les-Pins, 1. Solliès-Ville, 2.

Bouches-du-Rhône Ceyreste, 6. Auriol, 1. Cuges, 3.

La prédominance au sud de la Sainte-Baume est remarquable ainsi que l’homogénéité de l’aire d’implantation exclusivement dans des communes limitrophes.
Aspect extérieur

Tous les fours recensés offrent la même tonne générale et relèvent de la même conception.
Ce sont des constructions massives, en grosses pierres sèches, sommairement équarries, mais parfaitement appareillées. Les dimensions sont imposantes : en moyenne 5 à 7 mètres de long, 3 m environ de large, 2,50 m à plus de 3 m de haut en état de marche, comme en attestent les photographies.
La face frontale présente en son milieu un profond renfoncement en niche qui fait souvent penser aux non initiés à une "borie" dont l’ouverture est le plus souvent rectangulaire. Ce couloir mesure 1,30 m à 1,50 m habituellement, il conduit à son extrémité intérieure à l’orifice de sortie de l’huile dit la porte. Les enguentiés - . fabricants d’huile de cade - appelaient ce couloir la voûte, terme impropre car le plafond était généralement réalisé en pierres plates montées en encorbellement comme dans les bories.
Le toit du couloir s’incline progressivement vers le fond. Ainsi l’entrée, qui mesure habituellement encore 1,30 à 1,50 m de hauteur, permettait en réalité un accès aisé à la porte.
La porte, au fond du couloir, est toujours traitée avec beaucoup de soins. Son plancher est constitué par un large moellon réfractaire, carré, ordinairement de 32 à 33 cm de côté, pour une épaisseur de 3 à 4 cm, débordant l’assise de quelques centimètres afin de constituer une lèvre sous laquelle une cornue réceptionnait l’huile fumante dont une légère inclinaison du carreau facilitait l’écoulement.
Ce couloir, suffisamment vaste pour permettre une libre circulation, protégeait la cornue réceptrice de toute souillure par le vent ou la pluie. Son orientation était perpendiculaire aux vents dominants, donc généralement plein sud.

Les faces latérales, massives, sont constituées par un mur rectiligne et vertical, tandis qu’au centre de la structure un mur interne délimite une fosse grossièrement arrondie, allongée vers l’arrière pour faire place au foyer.
Entre les deux murs, un comblement de terre colmate l’ensemble, assurant une parfaite étanchéité et un isolement thermique indispensable au maintien des hautes températures exigées par la distillation. A la partie inféro-postérieure des faces latérales s’ouvre de chaque côté un large tunnel destiné au tirage et à l’alimentation du foyer. Ces couloirs de 0,70 m à 1 m de long, ouverts par un évent de 40 cm de long sur 35 de haut environ, est conçus avec beaucoup de soin.

L’intérieur du four

La grande fosse centrale a une profondeur de 1,70 m à plus de 2 m en état de marche. Elle est l’âme du four. Son diamètre transversal varie de 1 m à 1,40 m.
L’ensemble a la forme d’une jarre renversée. La hauteur totale de la jarre, du fond à l’orifice de remplissage, varie de 1,70 m à plus de 2 m.
En arrière se trouve une vaste chambre de chauffe excavée où aboutissent deux tunnels latéraux d’alimentation.

Nous remercions le Dr Laurent PORTE et la section archéologique de Sanary pour leurs recherches historiques et dont les éléments présentés sont extraits de "Fours à cade, fours à poix dans la Provence littorale"" qu’ils ont publiée sous le couvert de
Association "Les Alpes de lumière"
04300 MANE
tél 04 92 75 19 93

Le four à poix fonctionne selon les mêmes principes.

La commune de Vidauban possède sur son territoire le plus grand nombre de fours à poix connus dans le Var. La plupart de ces fours étaient utilisées avant les années 1850 pour produire de la poix "navale", substance résineuse et collante.

Le four à poix Bois du Rouquan :
Four à poix du Rouquan La jarre était remplie de bûchettes de pins (environ 1400 litres de bûchettes), le feu était mis sur la partie supérieure des bûchettes et dès que la combustion était commencée, la jarre était fermée par de grosses pierres jointives, recouvertes d’au moins 0,50 m de terre pour assurer l’isolation. Le couloir latéral qui avait assuré l’arrivée d’air au départ de la combustion était alors obturé par une pierre et l’étanchéité était réalisée avec l’argile. La combustion à l’étouffée pouvait commencer, elle durait environ 48 heures.

Four à poix du Rouquan
Au bout de quelques heures, un liquide aqueux s’écoulait ; en fin de combustion seul un goudron épais et noir était recueilli. Le fond du réceptacle était garni d’eau pour que la poix se fige rapidement puis elle était découpée immédiatement en morceaux.

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