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Fours à chaux dans le Var

dimanche 22 octobre 2017

Il y a deux sortes de fours à chaux utilisant le bois comme combustible dans le Var : les fours temporaires et les fours permanents.
Les fours à bois sont plus gros que les fours chauffant au charbon car le bois dégage moins de chaleur.
Il est relativement fréquent de rencontrer des fours périodiques en cours de randonnées - quand on y tombe pas dedans accidentellement ! Ils sont souvent très délabrés mais les informations suivantes permettent leur identification.

Structure du four à chaux

Leur marmite est cylindrique et possède une voûte en calcaire : 4,60 mètres de diamètre pour une profondeur de 4 mètres environ. Ils sont utilisés pour la production de la chaux à partir des pierres calcaires mises à calciner dans la fosse.
Four à chaux de Lorgues (Var)

On observe le mur de pierre qui ceinture le four et l’entrée du couloir qui permet l’alimentation du foyer.

Lors de son fonctionnement, deux parties sont distinctes :

- le foyer, au fond, alimenté en permanence à partir du couloir d’accès

- la " voûte " constituée des blocs à transformer en chaux.

Les fours de ce type sont à feu périodique : il faut attendre le refroidissement et le défournement pour recommencer l’opération. On peut dater ce type de four à chaux des XVIII ou XIXème siècle. Le combustible est le pin ou toutes broussailles de la garrigue.

Les fours permanents sont eux plus visibles, souvent en meilleur état. Ils sont situés au bord des routes car ils nécessitent des approvisionnements importants en pierres à calciner et en combustible. Le volume total peut atteindre 150 m3 pour un volume utile de 70 a 80 m3. Ces fours sont fréquents dans la région et dans nos villages ou ils ont pris le relais des fours temporaires vers 1880. Ils peuvent être alimentés en bois comme combustible (flamme longue) ou en charbon ou lignite (flamme courte ).
L’implantation est proche d’une carrière et de préférence adossée à un talus en forte pente. D’une manière générale, ils sont construits en moëllons. Ils ont deux ouvertures : une basse pour introduire le combustible, appelée la gueule ; l’ouverture haute sert à charger le four avec les pierres à calciner : c’est le gueulard.

Schéma d’un four à chaux - Source :Lorgues.fr

Pour maintenir les pierres à calciner, le chauxfournier construit une voûte qui laissera passer l’air chaud (950°) et mise en charge par des pierres grosses d’abord et de plus en plus petites vers le haut.

Les pierres sont recouvertes de terre traversée par des évents faisant office de cheminée. Cette terre sert d’isolant.
En dehors des périodes de chargement en combustible, la gueule est fermée à l’exception d’une ouverture pour le tirage.

A titre indicatif, pour calciner 1 m3 de chaux dans un four de 60 à 75 m3, il faut pour un feu de 100 à 150 heures

- près de 2 m3 de bois de corde, ou 22 m3 de fagots, ou 30 m3 de fascines de genet ou de bruyère, ou 2 m3 de tourbe.

Localisation :

Four à chaux de Lorgues A 2 km de Lorgues en direction de Carcès, sur la gauche par de route des "Girards" par le Vallon de SanPeyre se trouve un tel four à 350 m environ du carrefour, dans un coude brusque, sur la gauche de la route se trouve une galerie à la base d’un mur de pierres de 2,5 m de haut.

Il correspond à la définition classique :

- bâti le long d’une route,

- accoté à une pente,

- à proximité d’une carrière.

Cependant, ses dimensions sont assez réduites : volume théorique : environ 20 à 22 m3, volume utile supposé : environ 14 à 15 m3.
Les fours temporaires vus à Lorgues et notamment à Saint-Ferréol sont d’un diamètre beaucoup plus grand allant jusqu’à 5 m.
Le four est entièrement bâti en moëllons. Un chemin d’accès au sommet du four est encore visible.

Ces fours à combustible bois ont été interdits par le code forestier de 1827.