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Le Mourre de Chanier

jeudi 5 novembre 2015


Le Mourre de Chanier, prolongé vers l’ouest par le Chiran, ferme les gorges du Verdon au Nord.
Etirée est ouest, cette barre toute en puissance offre un belvédère remarquable sur toute la chaine des Alpes du Sud, du Mercantour à la Meije.
La randonnée décrite a été effectuée en raquettes, en février 2009, avec un enneigement remarquable.

Dénivelé : 820m Durée : 6h00

Départ : Hameau de Serre (altitude : 1110 m)

Localisation :
Quitter La Palud sur Verdon par la D 123. Cette petite route débute dans le village, à proximité du lavoir.

Elle conduit au col de la Croix de Chateauneuf qui gouverne l’accès à un large vallon sauvage que coiffent les ruines d’un village abandonné : Chateauneuf les Moustiers. Ne pas se diriger vers l’ouest, mais prendre plein nord la route qui conduit aux hameaux des Michels et de Serre. Elle franchit le haut d’un canyon, rejoint la D17 qui relie Rougon à Blieux.

Prendre la D17 par la gauche puis, après 200m, la quitter par la droite en direction de la ferme de Serre. Posée aux pieds de la barre des Maurels, dans l’alignement de la gorge des Praux, elle est reconnaissable de loin par le silo que jouxtent des bâtiments de ferme..

Voir la carte IGN
Cartes IGN au 1 / 25 000 : 3542 OT
L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

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De bas en haut : le Mourre

Stationner là, à proximité du gîte. Le sentier débute entre deux haies de buis taillés, entre gîte et ferme. Balisé orange sur les premiers 100m le sentier rejoint très rapidement une piste qui se dirige vers la gorge où cascade le torrent des Praux. Le franchir et gagner en hauteur sur l’autre versant : nous sommes sur l’ancienne voie romaine qui reliait Castellane à Riez par Moustier.

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Bon gardien

La neige nous attend à la gorge ainsi qu’un des trois patous préposés à la garde de moutons. Au 1er replat emprunter la piste qui part plein nord et par une série de zig-zag grimpe en direction de l’extrémité ouest de la barre des Maurels. Elle laisse à main droite un parc à moutons. Une série de cairns la prolonge. La montée au milieu des buis et des genêts à balais, ne présente aucune difficulté.

Loin au sud, les Maures et l’Esterel se profilent en ombres chinoises sur la mer incendiée par le soleil levant.

La barre des Maurels ouvre l’accès au Pré des Praux et à sa bergerie. Seuls les deux panneaux solaires émergent de l’immensité blanche. Pas de vent, le crissement des raquettes seul résonne. Chuintements , crissements, craquements, effondrements, bruits creux, bruits mous....la neige joue toutes ses gammes sous nos pas de randonneur. Elles sont autant de renseignements donnés.
Les Alpes surgissent dans le V de la baisse du Mourre : le Grand Coyer reconnaissable à son assise tabulaire.

Traverser la combe en direction de la bergerie. Au printemps cette combe est une explosion de fleurs où des chevaux à demi sauvages partagent l’herbage avec les moutons et où un ruisseau sourd à proximité de la bergerie.

Le vent a poussé des mètres cubes de neige : la bergerie engloutie ne laisse apparaître que les deux panneaux solaires, noirs, et un châssis de pergolas. La crête des Traversières nous surplombe à l’est où quelques régurgitations d’un trop plein de neige boursouflent la pente. Pas de risque d’avalanche. A l’ouest, le pré des Praux s’évase ; il s’ouvre au Portail des Blieux.

Le patou, qui nous suit depuis le Serre, trouve là un terrain de jeu à sa mesure : roulades et glissades se succèdent. La pente ne l’effraye point : il y plonge en grand galop puis, pour s’arrêter, pose son arrière train, écarte les pattes postérieures, style chasse neige inversé, sans complexe mais diablement efficace !

Gravir la butte située au dos de la bergerie puis infléchir son parcours vers l’est pour gagner en hauteur sur le Mourre que l’on franchit selon l’état du couvert : végétation ou neige. Aucune plante, aucune roche n’apparaissent alors ; tout le versant sud du Mourre est un tapis de neige lisse qui part de la combe à l’assaut des crêtes, poudreuse par endroit, tollée à d’autres, gelée près des crêtes.

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Au delà des crêtes, le Mercantour

Nous passons tout droit. Sous les crêtes, le vent a soufflé la neige en casquette. Elle est gelée et, les fers des raquettes ne pouvant plus mordre, nous devons tailler nos marches pour franchir les derniers mètres et basculer sous l’autre versant.

Devoluy, Pic de Bure, Barre des Ecrins, Enchastraye, Pelat, Grand Coyer, St Honorat, Pic de Chamatte, Mercantour, Gelas..... tous dans un ciel bleu, sans une once de vent, sont alignés, lumineux, superbes.

Un léger rose teint au loin les sommets du Mercantour et des Ecrins.
Etat de grâce.

La mer, vers l’Est, est rose également, étincelante dans le soleil levant. Un ligne de cumulus soulignait la position de la Corse. Mais Paglia Orba Incudine et autres sommets enneigés ne surgissent point de la mer. Impatients de connaître les difficultés qui nous attendent pour le retour, nous n’attendons pas que la course du soleil vers l’ouest illumine la Corse et fasse planer au dessus des flots cimes et névés.

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Toujours devant, prêt pour de nouvelles randos !

Le passage de la crête gelée impose quelques prudences, le mur de glace se laisse franchir précautionneusement puis, sur les talons, débutent les longues glissades rectilignes, grisantes, aériennes....
Tous légers, tous halés. En 2 h nous étions à la ferme et au gite de Serre.

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Piolet dans le couloir nord du Mourre de Chanier
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Les gorges et au loin Ste Croix

Tous ne prennent pas le même chemin à l’aller comme retour comme en témoignent les photos que nous ont envoyé Nathalie et Olivier Dobel-Ober (L’Arc en Ciel, La Palud) prises à quelques jours d’intervalles, ce même mois de février 2009.

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Couloir face sud du Mourre de Chanier
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Récompense d’un lever matinal

Le genêt : A la Renaissance les fleurs du genêt à balais étaient utilisées macérées dans du vin blanc. Elles combattaient la goutte, les rhumatismes, les hydropisies et l’albumineries.

Aujourd’hui nous savons qu’elles possèdent des propriétés diurétiques exceptionnelles, "pouvant faire tripler le volume des excrétions rénales". La spartéine, enfin donne à cette plante des propriétés anti venimeuses connues depuis des siècles par les bergers : les moutons qui broutent du genêt ne sont jamais affectés par les morsures de vipère.

Source : Parc Nationaux - Arbres et arbustes de Montagne - Editeur : ExLibris

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