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Dunes, falaises, sansouires : les plantes halophiles

vendredi 11 septembre 2015

A proximité de la mer, quelle que soit la nature de la roche, calcaires, dolomies, schistes, porphyres, granites, etc, la flore littorale échappe beaucoup plus que la flore de l’intérieur à la nature du sol. La présence constante de sel marin est un facteur écologique qui conditionne, pour l’essentiel, la répartition des plantes.

La mer asperge des végétaux qui, parfois, ne pourraient vivre sans sel ou en supportent l’action avec beaucoup de réussite. Les plantes de falaises sont en général vivaces, disposant de racines s’ancrant profondément dans la moindre fissure et dont les rameaux sétalent sur le plus petit replat.


Plantes des falaises maritimes

Tout près du niveau de la mer, soulignant de vert les anfractuosités de la roche, le Perce-Pierre ou crithme marine occupe une position pionnière qu’il tient d’ailleurs tout le long du littoral méditerranéen et atlantique. Aux niveaux les plus exposés, se fixent aussi un Plantain , la Camphorée, une Carotte sauvage, etc.

Au-dessus, sur des replats de plus en plus importants, la végétation passe progressivement à des formes arbustives. Le vent reste néanmoins un élément déterminant des conditions locales de vie et de la forme des végétaux. Dans cette zone de transition, la Passerine marque de sa physionomie particulière certains sommets de falaises. Le Cinéraire , les Immortelles et l’Asteriscus maritimus soulignent souvent de leurs formes plus ou moins prostrées et de leurs floraisons jaunes la limite extrême de la végétation de l’intérieur.

Les dunes

Les formations sablonneuses du littoral méditerranéennes sont envahies chaque année par une foule de plus en plus nombreuse d’estivants. Les aménagements littoraux remanient le milieu en détruisant les parties en cours de fixation par la végétation naturelle et en enrichissant le sable en matières organiques. Il en résulte que les diverses espèces sont très mélangées ; les plus envahissantes gagnent du terrain et le cortège des plantes liées à la présence de l’homme fait son intrusion avec les inévitables tas d’immondices qui "fleurissent" dans les zones non surveillées.

Les cordon littoraux s’amenuisent d’année en année et les dunes portant une végétation naturelle dite psammophile, ne subsistent qu’en de rares points grâce aux mesures de protections mises en place.

Lorsque le milieu est peu touché par l’homme, il est possible de suivre la végétation qui s’agence en bandes parallèles à la mer au fur et à mesure de la fixation de la dune :

- au contact immédiat de l’eau et localement, d’épais débris de Posidonies, plantes à fleurs sous-marines, sont rejetés au rivage.

- à la limite de la plage, s’installe un premier groupement végétal à Oyat qui fixe efficacement un sable constamment balayé par le vent du large. Cette Graminée robuste, à inflorescence dense et effilée, est parfois précédée par une autre, un Chiendent à épillets compacts et appliqués contre l’axe de l’inflorescence. De nombreuses autres espèces participent à ce groupement pionnier telles que le Liseron des dunes, une luzerne, une Euphorbe, un Panicaut, le Diotis blanc, une Camomille, une Malcolmie, un Pavot, etc...

- à l’abri de ce premier groupement, dans les sables souvent encore mobiles, se développe l’association à Crucianelle avec l’Echinophore , le Pancrace de mer , le Raisin de mer.

- en arrière, dans les sables bien fixés, se développe sur la côte des Maures,et de l’Estérel, un groupement de pelouse à Malcolmie avec localement des Géraniacées.

- enfin, vers l’intérieur, la dune est colonisée par des groupements arbustifs. Parfois, ce sont des fourrés à Genévrier comme dans l’isthme de Giens. Dans les endroits les plus abrités, la dune peut être limitée aussi par une végétation arborescente avec le Pin mésogéen, le Pin d’Alep ou le Pin pignon.

 

Le Roseau (Phragmites australis)


Il forme des roselières au bord des marais du littoral. Il abrite souvent des oiseaux nicheurs. Il était autrefois utilisé pour le recouvrement des toitures. Il n’a pas forcément les pieds dans l’eau. Il ressemble beaucoup à la canne de Provence, mais sa tige est plus fine.

L’Asterolide maritime (Asteriscus maritimus). Famille des Asteracées


L’Asterolides est une petite plante vivace, de 5 à 20 cm de haut, rugueuse à poils écartés, à base lignifiée, souvent à nombreux rameaux. Les feuilles sont alternes avec des pétioles lancéolés.
Ses fleurs sont présentes d’avril à juillet.

L’Evax nain (Evax pygmaca ). Famille des Asteracées

L’Evax est une plante annuelle plaquée au sol, de couleur gris vert, qui peut atteindre 4 cm.
Au bas de sa tige, qui prend directement à la base, on trouve des feuilles ovales spatulées, cotonneuses sur les 2 faces formant autant d’étoiles.
Ses fleurs sont de couleur blanc jaunâtre.

La betterave maritime (Beta maritima). Famille des Chénopodiacées


Appelée aussi Blette ou Poivrée, la bette maritime est une plante vivace de 30 cm à 1,20 m de longueur, à racine peu épaisse et dure.
Les tiges sont couchées ou dressées, souvent rougeâtres.
Ses feuilles ovales ou lancéolées montrent un sommet aigu et un contour ondulé.
Ses petites fleurs présentes de juin à septembre sont vertes à pourpres, en longs épis feuillés.
La bette sauvage peut être consommée crue ou cuite.
La bette est bien connue pour sa teneur en sucre.

La Canne de Provence (Arundo donax)


La plus grande de nos graminées (jusqu’à 5 m.) a de grosses tiges ligneuses. Elle est utilisée pour fabriquer des anches pour les instruments de musique, mais aussi des cannisses et des tuteurs. Elle aime l’humidité et peut servir de haie coupe-vent.

Le Laurier rose (Nerium oleander)


Cet arbuste à tige droite et à feuilles longues et persistantes se retrouve souvent planté dans nos jardins, mais il est spontané au bord des petits cours d’eau temporaires : les oueds. Ses superbes fleurs sont blanches, roses ou rouges. C’est une plante très toxique : des soldats de Napoléon n’avaient pu livrer bataille, empoisonnés, après avoir préparé leur repas avec des tiges de Laurier rose. Ces plantes sauvages sont protégées. Il ne faut pas le confondre avec le laurier sauce, dont les feuilles sont utilisées en cuisine provençale. Espèce sauvage protégée.

L’Arum à capuchon ou l’Arum arisarum (Arisarum vulgare)


C’est une petite plante vivace, facile à reconnaître lors de sa floraison. Sa fleur a une forme de capuchon.

Le Figuier (Ficus carica). Famille des Moracées


Arbre assez bas à branches cassantes, vertes, à l’écorce grise. Sa sève contient un latex blanc.
Ses racines vont chercher l’eau profondément.
Les feuilles luisantes dessus, sont couvertes de poils rudes et rugueux.
Les fleurs sont enfermées dans un réceptacle globuleux vert devenant charnu à maturité.
Son fruit, la figue est comestible, charnue, piriforme, verte ou violet brunâtre. Elle apparait sur les rameaux en été pour murir à la fin de l’été suivant.
Cet arbre est un pionnier. Sa dissémination se fait grâce aux oiseaux. Cet arbre a besoin d’un petit insecte (le blastophage) pour se reproduire et vice-versa. L’insecte féconde les fleurs qui se trouvent à l’intérieur de la figue et y pond ses œufs ; les larves s’y développeront.

On fait des confitures ou des vins avec ses fruits qui se mangent aussi bien crus que cuits ou secs.
En médecine populaire, la figue est considérée comme un fruit pectoral pour calmer la toux.

L’Acanthe (Acanthus mollis)


Cette plante vivace aime grandir dans les taillis, les forêts clairsemées, les lieux frais. Elle a de très grandes et belles feuilles qui sont à l’origine de l’inspiration du style corinthien.

 

Les souillères et sansouires

Sur les sols limoneux, plus ou moins inondés en hiver et se craquelant pendant la saison sèche, se développe une végétation adaptée au sel, dite halophile. Cette végétation caractérise les souillères (dépressions localisées entre les dunes littorales et les sansouires (grandes étendues plates à efflorescences salines)). Cette formation n’est pas seulement caractéristique de la Région méditerranéenne, car les espèces que l’on y rencontre ont une répartition beaucoup plus large : elles ont souvent été disséminées par les oiseaux migrateurs qui séjournent d’une façon préférentielle dans ce type de milieu.

Dans les zones les plus halophiles, rarement inondées du fait de leur légère surélévation, la sansouire est occupée par une Salicorne vivace, tandis que se développe une autre Salicorne annuelle dans les zones plus ou moins inondées. Cette dernière espèce prend une teinte violacée dès la fin du mois d’août et comme elle est toujours très abondante, elle marque le paysage. Lorsque le sol devient plus sablonneux apparaissent l’Arroche à feuilles alternes ou l’Obione à feuilles opposées et de nombreuses espèces de Lavande de mer. Sur les sables inondés en hiver et enrichis en coquillages sous l’action des
vents dominants de nombreuses Chénopodiacées font leur apparition
comme les Soudes.

 

L’Inule fausse criste (Inula crithmoides). Famille des Astéracées


Sous arbrisseau de taille moyenne ou vivace, étalé, cette inule à base ramifiée est en général ligneuse à glabre.
Les tiges sont dressées, à feuilles vert vif, charnues, linéaires, entières ou à 3 dents, étroites, au sommet un peu élargi.
Les fleurs sont jaunes, à disque central doré d’environ 20 à 28 mn.
Son fruit, duveteux, d’une taille de 3 mn de large au plus, est surmonté d’une touffe de poils blancs.
La période de floraison se situe en plein été jusqu’à l’automne.



Le plantain Corne de cerf (Plantago coronopus). Famille des Plantaginacées


Herbe vivace, de 4 à 20 cm, à puissante racine pivotante, supportant le piétinement.
Ses feuilles son étroites, 20 cm de long au plus, profondément divisées, bordées de poils, à lobes pointus, vert pâle.
Ses fleurs, de 3 mn de long se présentent sous forme de longs épis cylindriques, sur des tiges arquées et fleurissent d’avril à octobre.
Les graines sont données aux oiseaux en cage et servent à la fabrication de collyre.
Les feuilles se mangent en salade et sont astringentes ainsi que la racine.

Les Saladelles (Limonium virgatum et Limonium pseudominutum.) Famille des Plumbaginacées.


Le Limonium virgatum est un sous arbrisseau toujours vert, vivace, d’une hauteur de 10 à 40 cm. Les feuilles sont toutes à la base, disposées en rosette et entières, souvent desséchées à la floraison. Ses fleurs, de 7 à 9 mn, sont réunies en épis violacés qui éclosent en été et lui valent le nom d’immortelle bleue.

Le Limonium pseudominutum est une plante très ligneuse à la base formant des coussinets. D’une hauteur de 5 à 15 cm, les feuilles sont petites et courtes, coriaces, rugueuses, arrondies au sommet, parfois échancrées et enroulées sur les bords. Ses fleurs violacées s’épanouissent de juin à septembre.



La Salicorne (Arthrocnemum sp.)


Cet arbuste compact est caractéristique des sansouires. Il pousse donc sur terrain salé. On peut déguster la salicorne en salade ou préparée comme des haricots verts.

La Grande Salicorne (Sarcocomia fructicosa). Famille des Chénopodiacées


Appelée aussi corail de mer, la salicorne est une plante halophile, vivace, vert glauque, pouvant atteindre 80cm de haut.
Ses tiges sont formées d’articles charnus verdâtres puis rougeâtres.
Les fleurs sont insignifiantes, et forment un épi trilflores.
La période de floraison se situe d’août à septembre.
Les jeunes tiges peuvent se consommer crues en salade ou macérées dans du vinaigre.
Les cendres de la plante contiennent de la soude et elles étaient utilisées dans la fabrication de savon et de verre.

Le salsifis des prés (Tragopogon pratensis). Famille des Astéracées


Plante annuelle ou bisannuelle, de la famille de la marguerite, elle peut être glabre ou un peu velue.
Les feuilles sont linéaires, lancéolées en gouttière.
Ses fleurs composées sont jaunes, solitaires, elles se transforment en boules de fruits plumeux.
Le salsifis se déguste en salade ou confit au vinaigre.
En décoction, il soulage des brûlures d’estomac.
Son sirop est expectorant et son jus est diurétique.



Le Tamaris (Tamarix gallica)


Cet arbuste peut atteindre 5 mètres. Ses feuilles ont une forme en écailles serrées sur des rameaux grêles. Ses minuscules fleurs roses sont regroupées en épis. La présence de sel ne le dérange pas. Ses racines aident à fixer les dunes. Il nous vient des Canaries.

L’Arroche halime (Atriplex halimus)


Cet arbuste est souvent planté comme haie au bord de mer car il résiste au sel. Ses feuilles blanches et argentées, sont assez épaisses et sont alternées le long de la tige. Il fait des grappes de fleurs jaunes en fin d’été et peut atteindre 2 mètres de haut.

L’Obione (Halimione portucaloides)


Elle constitue des massifs argentés denses, souvent couchés au sol, qui présentent des touffes en forme des coussins. Elle ressemble à l’arroche halime avec des feuilles plus étroites et plus charnues.



Le Jonc aigü (Juncus acutus). Famille des Juncacées


Le jonc acéré (piquant) est une plante vivace, robuste, qui pousse en touffe dense.
Ses tiges sont dressées, raides, à pointes aiguës, pouvant atteindre 1,80 mètre.
Ses feuilles sont longues, étroites, cylindriques et pointues.
Ses fleurs sont brunes ou brun rougeâtre.
Entre le mois de mars et le mois de mai, des inflorescences formées de fleurs brun rougeâtre sont surmontées par des tiges piquantes.
Ses fruits se présentent sous la forme de capsules de 5 à 6 mn de long.
Sur le littoral, il délimite souvent le passage de l’eau salée à l’eau douce.

Le genêt jonc (Spartium junceum). Famille des Fabacées


Arbrisseau vivace, non épineux, de 1 à 5 mètres de haut.
Les tiges sont flexibles, aux rameaux dressés, cylindriques, à allure de jonc, compressibles, vert glauque.
Ses feuilles sont simples, petites, éparses, de 10 à 30 mm de long, lancéolées.
Ses fleurs sont grandes, jaunes, solitaires, très odorantes, même enivrantes par forte chaleur.
Elles sont présentes de mai à septembre, sous forme de grappes lâches au bout des rameaux.
Son fruit est une gousse aplatie, devenant brune et glabre, de 10 à 15 graines.

D’après l’ouvrage "Connaître et reconnaître la flore et la végétation méditerranéenne"
publié sous la direction de Guy Georges GUITTONNEAU et André HUON
aux Editions Ouest France