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Sources du Var, Col de la Boucharde (2539 m)

mardi 22 décembre 2015

Randonnée raquettes (8 mai 2009)


Aux portes du Parc National du Mercantour, une randonnée facile en saison estivale, un peu plus physique selon l’état du manteau neigeux, en saison hivernale ou printanière où une bonne connaissance et observation de l’état d’enneigement sont nécessaires.

Le parcours évolue en fonds de vallée glaciaire creusée dans des roches relativement tendres du type grès d’Annot aux couleurs ocres surplombant le vert tendre des mélèzes et le vert sombre des pins à crochets.

Dénivelé : 570m Durée en raquettes : 5h00

Départ : Refuge de la Cantonière (altitude : 1871 m)
Rejoindre Castellane et se diriger vers Entrevaux pour remonter la vallée du Var en direction de Guillaumes, Villeneuve, St Martin, Entraunes puis Estenc, au pied du Col de la Cayolle, col fermé chaque hiver jusqu’à juin.

Stationner votre véhicule au parking de la Cantonière ou dans le virage en épingle à cheveux qui suit.

Voir carte IGN
Cartes IGN au 1 / 25 000 : 3540 ET
L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

Le départ du parcours fléché débute dans le virage, il longe le torrent de Sanguinière en direction des cabanes de l’ONF. Celles ci servirent de campement aux forestiers au cours des années 1900 - 1914 lors des opérations de reboisement destinées à combattre les crues dévastatrices causées par le déboisement déraisonné dû à l’essor démographique du XVIII siècle. Ces crues provoquent destructions de villages, morts d’hommes, disparitions de troupeaux, émigrations. Désormais c’est l’Etat qui achète aux communes et aux particuliers des milliers d’hectares et se charge des travaux.. Le garde forestier devient une figure majeure de la vie dans les zones de montagnes. Et souvent, la population locale qui ne voit pas d’un très bon œil cet étranger, accuse l’Etat de vouloir "remplacer les hommes par des pins noirs" .

Les techniques de reboisement appliquées sont l’œuvre de Prosper DEMONTZEY qui les présente à l’exposition internationale des sciences en 1875.

A la suite de la loi sur la restauration des terrains de montagne, promulguée en 1882, P Demontzey, inspecteur général des Eaux et Forêts, dirige en Provence les services de la Restauration des Terrains de Montagne.
Cela lui vaut la reconnaissance de l’Europe entière : "Il faut sauver la montagne et pour cela l’enserrer dans les milles bras de la forêt, le seul athlète assez puissant pour la préserver à jamais."

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Après la seconde cabane s’élever direction Nord et laisser à main droite le torrent de Sanguinière. Là sont les sources du Var, sous les mélèzes, au pied des pins à crochets, sous la neige qui bientôt recouvre complètement le cours du ruisseau.

Nous sommes le 8 mai, altitude 2000m, exposition : adret ; et plus d’un mètre de neige recouvre la combe glaciaire où nous progressons.

De mélezin en mélezin la piste s’enfonce progressivement entre à l’ouest la Tête de la Gipière (2626 m) et à l’est la Tête de Sanguinière (2856 m), toutes deux marquées de coulées d’avalanches.

Le temps est doux, couvert. Les premières feuilles se défripent ; les fleurs femelles des mélèzes éclaboussent de rouge brun les rameaux sombres. Elles signent le rallongement et le réchauffement des journées. En de rares endroits la neige maculée signale le terrier et le réveil des premières marmottes.

La forêt s’éclaircit. Nous sommes là dans les alpages d’estive où chaque année ovins et bovins viennent prendre leurs quartiers.

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Cabane pastorale de la Boucharde

La cabane pastorale, en contrebas du col de la Boucharde, autour de la côte 2400m, marque la limite de la forêt. Plus d’un mètre de neige couvre les abords ; nulle trace de parc à moutons n’émerge.

Au col de la Boucharde (2539 m) nous basculons à l’ubac. Le Chapeau de Gendarme, les Gorges du Bachelard et le col du Four derrière lequel la station de Super Sauze se cache, s’alignent face à nous.

Pour le retour remettre ses pas dans ses pas.
Enfin... presque : le retour se fera tout droit en suivant la ligne de plus grande pente, avec le grondement de l’eau sous nos pieds, cascades enfouies sous les plaques de neige ....


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Construction de fascines en 1907

Dès 1877, l’administration des Eaux et Forêts réalise de nombreuses photographies montrant les travaux réalisés par les forestiers.

En 1886, P Demontzey, par une instruction interne, rend systématique l’utilisation de la photographie. Cet outil aide à la compréhension de l’évolution des paysages.

A cette époque les appareils utilisés sont en laiton, bronze et noyer. Ces chambres photographiques permettent toutes les corrections de perspective. Les dos interchangeables contiennent deux plaques de verre. Ces équipements de très bonne qualité sont aussi très lourds. Les prises de vue sont de véritables expéditions. La pose des personnages est indispensable et les photographes réalisent de véritables mise en scène. Ils sont conscients d’immortaliser un monde en train de disparaitre et heureux de montrer l’avancée du progrès technique.

Aujourd’hui devant tel ou tel lotissement, il est difficile de croire qu’en ce lieu, voilà 150 ans, se situait le cône de déjection d’un torrent qui semait la misère lors des crues ....

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