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Fours à cade, arboretum au Grand Caunet

dimanche 22 octobre 2017

Voilà une randonnée d’automne, quand le mistral furieux invite à déserter les ubacs glacés. Sur ce versant plein sud ouvrant sur la baie de Saint Cyr, sur la pointe de Défens, nous sommes sur les terres des anciennes chasses à la glu, du gemmage, des fours à cade.

Nous voilà face à la mer, mais loin d’elle. Nul vacarme ne monte des chantiers navals de la Ciotat, nul brouhaha routier ne s’infiltre dans les vallons désertés. Quelques voiles, quelques fumées jouent au loin sur les flots changeant, apportant une note d’immobilité absolue, de quiétude souveraine.

Les cigales se sont tues. La battue est terminée.

 

Dénivelé : 260 m

Durée : 4h30

Départ : Carrefour du Grand Caunet

Localisation : Grand Caunet

Cartes IGN au 1 / 25 000 : 3245 ET

L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

Deux parkings sont à disposition, de part et d’autre du carrefour que font la D3 qui relie Le Camp à Ceyreste et la D3d qui relie le Grand Caunet au col de l’Ange.

 

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Emprunter la piste qui prolonge la D3d au sud de la D3. Entre deux champs de céréales elle rejoint la forêt de pins, de chênes et ... de cades. A hauteur d’une citerne DFCI semi enterrée abandonner la piste et suivre le sentier du GR51, balisé rouge et blanc. Il se dirige vers le sud jusqu’à la jonction d’une piste orientée ouest est. L’emprunter et suivre vers l’est le GR51.

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Sur la gauche l’arboretum de Grand Caunet illustre les esssais effectués par l’ONF pour vérifier la faculté d’adaptation et la croissance de plants exogènes au massif. Les espèces présentes ne sont pas dénommées. Dommage. Il manque à l’ONF une sensibilité pédagogique.

La piste rejoint une dorsale qui plonge vers le Beausset : le Mont Côme, le chateau d’Evenos, le Castellet, Siou Blanc et le Gros Cerveau ferment le paysage. Le premier four à cade est là, à l’amorce de la rupture de pente.

La face frontale présente en son milieu un profond renfoncement en niche qui fait souvent penser aux non initiés à un "borie" dont l’ouverture est le plus souvent rectangulaire. Ce couloir mesure 1,30 m à 1,50 m habituellement, il conduit à son extrémité intérieure à l’orifice de sortie de l’huile dit la porte. Les enguentiés - . fabricants d’huile de cade - appelaient ce couloir la voûte, terme impropre car le plafond était généralement réalisé en pierres plates montées en encorbellement comme dans les bories. Le toit du couloir s’incline progressivement vers le fond. Ainsi l’entrée, qui mesure habituellement encore 1,30 à 1,50 m de hauteur, permettait en réalité un accès aisé à la porte.

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Les trois fours à cade situés sur ce parcours ont été relevés par le Dr Porte et la section archéologique de Sanary. Le premier, numéroté 17, est situé en bordure de la piste à la cote 373. Le deuxième, numéroté 15, est visible juste à l’ouest de la citerne DFCI, soit au bas de la pente. Le 3ème, numéroté 5, est comme indiqué sur la cartographie, à proximité du thalweg du Fainéant. Leur conservation, surtout pour l’un d’entre eux, est remarquable.

Caractéristiques et procédés d’extraction de la cade sont décrits dans nos pages patrimoine , et notamment la jarre qui permet le recueil de l’huile. L’huile de cade avait alors de multiples emplois, dont la cosmétologie toujours d’actualité aujourd’hui.

Le parcours proposé est une boucle : Quitter le GR 51 à la cote 196 pour prendre sur la droite le sentier qui rejoint le thalweg du Fainéant, le contourne, gagne l’arête descendante et de là le four n° 5.

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Du four n° 5 revenir sur ses pas pour poursuivre le sentier initial en direction du nord nord ouest, vers la colline qui coiffe le sentier.
Cette colline portait encore en 2009 une tour de surveillance : quatre câbles maintenaient en équilibre un tube creux munie d’une échelle interne qui permettait d’accéder par une trappe au poste d’observation posé à son extrémité.

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L’homme de guet : veilleur et passeur

Les jours de vent le local tanguait, le bruit du vent était infernal.... mais la vue phénoménale : du Bec de l’Aigle aux îles des Embiez, avec toutes les barcasses du port de La Ciotat, la route des Crêtes, la Vigie... Magnifique. Pour retrouver cette vue il faut suivre vers l’ouest la piste, descendre au collet puis remonter sur la droite en oubliant le sentier balisé en jaune qui part dans le thalweg sur la droite. La piste suit la ligne de crête, transformée en coupe feu. Une cabane richement taguée se situe à mi montée : de la terrasse la vue sur La Ciotat, l’île Verte est exceptionnelle. La cabane est fréquentée, certains y réveillonnent même, mais nombre de randonneurs passagers oublient de vider les cendres de la cheminée...

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La piste s’infléchit vers le nord et à hauteur du plateau rejoint le GR51. Le parking est à 300m de là.


Le cade est le nom provençal de juniperus oxycedrus, genévrier oxycèdre, encore appelé cèdre piquant. Très voisin morphologiquement du Juniperus vulgaris ou communis, il est plus grand, susceptible de dépasser 10 m. Ses feuilles, linéaires, aciculaires, étroites et piquantes, d’environ 16 mm de long, sont creusées sur la face supérieure de deux sillons blanchâtres sur fond vert. Les fruits, plus gros, de 6 à 8 mm de diamètre, deviennent marron plus ou moins clair la deuxième année et rouge clair à complète maturité. Ils ne tournent au noir que par vieillissement. Le genévrier oxycèdre est largement répandu dans toutes les contrées méridionales de l’Europe et du nord de l’Afrique, ainsi qu’en Asie occidentale, sur les collines où il s’accommode des terrains les plus secs et les plus rocailleux.

Chez nous, on ne le trouve en abondance que dans une fourchette d’altitude allant de 50 à 800 m. Il se présente ordinairement en hautes touffes ou en buissons épais, cet aspect étant une conséquence des incendies de forêt. La souche renaît sous forme de rejets multiples. Mais c’est un arbre potentiellement puissant, dont le tronc, sur les sols épargnés par le feu, même dans nos régions arides, atteint facilement 15 à 20, voire 30 cm de diamètre à la base. Notons que si les souches résistaient aux incendies, l’arbre ne se reconstituait jamais lorsqu’il était déraciné au pic. Le peuplement reprenait à partir des baies essaimées par le vent et des jeunes plans non exploitables.

Les baies étaient employées au 19e siècle. Le Larousse de 1865 décrit ainsi leurs propriétés : "Stomachique, carminatif (qui favorise l’expulsion des gaz du tube digestif), incisif et diurétique". Le bois, résistant et imputrescible, servait à faire des statues à l’époque romaine.

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