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Le Vieux Chaillol (3163m)

mercredi 23 décembre 2015

Posé au sud des Ecrins, le Vieux Chaillol comme le Ventoux, le Devoluy ou le Mercantour, est un seigneur toisant Provence et Dauphiné.

En toutes saisons il se prête à la randonnée, mais demande quelque expérience selon l’état du manteau neigeux. En été seules la longueur et la pénibilité du parcours sont un frein. On y rencontre souvent la neige. Crampons ou raquettes sont alors nécessaires. Mais quel bonheur de s’y hisser. Toute la géomorphologie des Ecrins nous est alors offerte !

Et vous pourrez suivre en direct la trace des bouquetins !

Dénivelé : 1460 m Durée : 8h00

Départ : Parking de Chaillol 1600 (altitude :1705 m)
Gagner le haut de la station et poursuivre la piste qui longe le téleski de la Selette jusqu’à la cote 1705 où un parking est aménagé.

Voir la carte IGN
Cartes IGN au 1 / 25 000 : 3437 OT
L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

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Levés avant le soleil, nous arrivons au parking conduits par les phares. Température fraiche en ces premiers jours d’été : 9 degrés ! Les cailloux blancs sous la lumière des étoiles marquent suffisamment la piste pour que nous n’éclairions pas les frontales. Crissements des cailloux, ombres des branches se balançant sur le ciel. Loup, où te caches tu ? !

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Le Vieux Chaillol

La piste remonte le vallon en direction du réservoir pour canons à neige. Suivant le GR 50, nous traversons le Riou. Il brille sous les étoiles. Nous l’abandonnons sur l’autre rive. Succession de lacets à travers le mélèzin. Le ciel pâlit. De noir tout devient gris, puis la gamme s’enrichit : au sortir de la forêt les verts sombres sont visibles. Les premiers névés aussi.

Sous le Crest nous nous dirigeons vers le Torrent de Font Froide. Clôtures pour moutons. Un immense névé gelé occupe le lit du torrent. Nous marchons sur la glace. Nouveau portail à moutons. Nous sommes au dessus du réservoir. Ici commence l’alpage.

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Le Pic de Tourond

Nouvelle succession de lacets.

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Le Devoluy

Nous contournons les barres calcaires, délaissons le sentier qui conduit au col de la Venasque (2487m) pour celui de la Pisse (2354m). Les moutons sont dans l’enclos, endormis, tous collés les uns aux autres. Nous franchissons précautionneusement la cascade de la Pisse sur un pont de neige. Pas de vent, nul bruit à l’écart du torrent, un monde immobile en renaissance.

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Tourond, Soleil Boeuf et sillon de Gap

Voilà le col, sous la neige. L’arrivée du canal de Mal Cros est à peine visible. Nous mettons les crampons. Ce sera route directe en direction du col de Côte Longue (2679m) avec à notre gauche, 1000 mètres plus bas, le haut de la vallée de la Muande qui se dévoile.

Sous le Pic du Tourond les chamois nous ont vu. Ils se déplacent sans précipitation. Nous contournons par le haut les différents vallons où la neige sous l’effet de la pluie et de la fonte semble avoir fait l’objet de labours profonds. Gelée elle porte toujours à merveille nos poids et surpoids...

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Voilà le col.

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Valgaudemar, Olan, Aile Froide

La vallée du Tourond s’ouvre à l’est avec la Pointe des Moulières (3060m), les Choucières Verts (3056m) , l’aiguille de Cédéra (2909m) ...
Nous nous dirigeons vers la cabane des Marseillais mais elle reste invisible sous la neige, ainsi que le canal de Mal Cros.

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Les Têtes de Mal Cros

Nous attaquons les Baisses de Chaillol, sous le soleil qui commence à chauffer. La roche par endroit visible et les chaos de pierres nous obligent à quelques lacets. La roche est rouge, on se croirait sur Mars, nous sommes sur le socle cristallin. Nous avons quitté les terrains sédimentaires entre le col de la Pisse et la base des Baisses.
Chaque bosse nouvelle est le sommet attendu mais toujours repoussé. Enfin la crête se dévoile, l’à pic, les petits abris de pierres empilés, les Têtes de Mal Cros, les lacs des Selliers, le Valgaudemar et derrière lui l’Olan (3373m), caractéristique, les Rouies (3589m) au glacier invisible, Aile Froide (3927m) et le Pelvoux (3943m), la Meije et le Rateau enfin qui culminent tous deux à 3809 et 3983m. Photos.

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Les lacs des Selliers

Photos, casse croute, thermos, les crampons sont retirés 5 heures après avoir quitté le parking. Le soleil est toujours à l’est...... mais déjà les nuages bourgeonnent. Ombres et lumières.

Le Pic de Tourond est face à nous, strié : terrain sédimentaire, couverture nummulitique. Le Soleil Boeuf à l’est, à ses cotés, tranche par la couleur, c’est un klipe, c’est à dire un lambeau d’une nappe de charriage que l’érosion a dégagée partout, sauf là. Pour qui aime savoir la nature des terrains et des roches qu’il cotoie, Rando Var recommande encore et toujours le site de géo-alp, une mine d’informations.

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Tourond, Soleil Boeuf et sillon de Gap

La descente se fera doucement, plein les yeux.

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Torrent de Font Froide

A midi nous retrouvons le col de la Pisse, nous prenons le café dans le tintement des cloches de moutons. Puis nous rejoignons la forêt et découvrons les couleurs que l’aube nous avait cachées.

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Le mélezin

A 15h douche, à 15h30 les jeux vidéos résonnent... triste monde !


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Le Champsaur ne manque pas d’eau, mais elle est rare en été. Aussi les agriculteurs ont voulu recueillir l’eau de fonte des névés en captant en amont du col de la Pisse les eaux qui se déversaient dans la vallée du Tourond.

En 1853, un décret impérial autorise la construction d’un canal destiné à amener l’eau du névé de Mal-Cros jusqu’au col de la Pisse d’où elle pourrait descendre par gravité jusqu’aux villages de Saint-Michel-de-Chaillol, Buissard, Saint-Julien et Saint-Bonnet.

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Les travaux furent lents, les conditions de travail en altitude difficiles : le chantier de Mal-Cros était à 4 heures de marche du village, soumis au froid, à la neige et au gel ; il fallait tailler la roche dans des éboulis instables, puis stabiliser et dégager en permanence les tronçons de canal déjà tracés. Une centaine d’ouvriers s’y épuisèrent. Quand enfin le canal atteignit Chaillol en 1872, la partie haute était déjà fragilisée, et il fallait un entretien permanent pour assurer un débit à peine satisfaisant.

La difficulté et le coût de l’entretien dépassaient les moyens matériels et humains des intéressés. Le canal ne fonctionna que quelques décennies avant d’être purement et simplement abandonné. Il en reste aujourd’hui de nombreuses traces qui permettent de comprendre pourquoi il se comblait chaque année et que tout entretien était impossible.

Depuis peu quelques bénévoles s’occupent de remettre en état des parties du canal. Il s’agit de restaurer l’état originel du canal, mais pas d’y faire circuler de l’eau.
(Sources : Wikipedia)

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