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Le Glacier Blanc

jeudi 24 décembre 2015

Les Écrins, un glacier, une montagne mythique dans le monde de l’alpinisme. Mythique, ici, les superlatifs ne sont pas galvaudés.

Le Parc National ne s’y est pas trompé qui a transformé l’ancien refuge Tuckett, situé à 2440m, en éco musée !

Dénivelé : 1300 m Durée : 7h30

Départ : parking du Pré de Mme Carle (altitude : 1874 m)
Remonter la vallée de Vallouise, dépasser Ailefroide et pénétrer dans le Parc National des Ecrins.

GIF Voir la carte IGN
Cartes IGN au 1 / 25 000 : 3437 ET
L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

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Du parking de Mme Carle, se diriger vers la Maison du Parc et emprunter le chemin sous les aulnes, mélèzes et saules qui ont pris pied dans le cône de déjection des torrents des deux glaciers. Il faut compter de 20 à 100 ans pour qu’une strate arbustive s’installe dans une zone de recul de glacier, et avant que n’apparaisse une flore remarquable : benoites, renoncules, etc......Franchir le pont, régulièrement remonté chaque printemps par les agents du Parc, et suivre le sentier bien balisé qui conduit au franchissement du verrou glaciaire laissé à découvert par le glacier lors de sa régression.

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Glacier Noir

Laisser à main gauche le sentier en direction de la moraine du Glacier Noir.
Dépassant la glace de plusieurs mètres, la moraine est une muraille hétérogène. C’est cette diversité des composants qui différencie une moraine d’un alluvion, plus homogène puisque, par définition, il résulte d’un tri des matériaux, du plus grossier au plus fin.
Au bas du glacier, le torrent sous glaciaire jaillit, laiteux, d’une grotte grisâtre, dans un amoncellement de pierres. Il est nettement visible depuis le sentier du Glacier Blanc. La partie inférieur du Glacier Noir atteint le pied de la face sud de la Barre des Ecrins.

Le sentier s’élève sur la rive droite du torrent du Glacier Blanc. Puis s’infléchit pour en franchir le cours et s’élever en rive gauche.
Le tracé du sentier a connu plusieurs évolutions au fil des temps, au fur et à mesure du retrait de la glace : la fonte en effet laisse parfois derrière elle un fossé abrupte, résultant du creusement glaciaire, pas toujours aisément franchissable...

Le refuge du glacier Blanc, de la même couleur que le promontoire sur lequel il est juché, se dévoile, à l’est de la langue de glace, dès la re-descente vers la pile du pont.
Quelques saules glauques, aux feuilles et chatons mâles aux écailles velues, de la taille d’un arbrisseau, bordent le sentier.

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Glacier Blanc vu de Tuckett

Quelques mains courantes facilitent le passage d’un énième verrou et après toute une série de lacets d’où la vue sur le chaos des séracs est de premier ordre, le sentier débouche sur un replat abritant un petit lac dans lequel les aiguilles du Pelvoux se reflètent.
Le refuge Tuckett, transformé en écomusée, est situé en bordure de cette plate forme.

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Refuge Tuckett

Situé à proximité de l’abri sous roche utilisé par Tuckett en 1862, lors de la 1ère tentative d’ascension des Ecrins, l’ "hotel Tuckett" a été construit en 1886 et sa charpente modifiée en 1896. Il servira jusqu’en 1944, date de construction du refuge du Glacier Blanc. Plusieurs bivouacs sommaires sont installés là, à proximité, certains sous roche, d’autre à même le musée.

Les chocards colonisent cette combe herbacée, n’hésitant à se poser à vos pieds pour chaparder les miettes d’un casse croûte.
100m au dessus de ce replat, le refuge du glacier Blanc (2542m). Grand refuge du CAF mais à la tarification complexe ....La demi pension ne comprend en ces lieux que le repas du soir et le petit déjeuner. En aucun cas le coucher. Cette acception très particulière - et source de revenus notamment auprès des nombreux étrangers - génère quelques incompréhensions et tensions légitimes quand la facture présentée est doublée par le prix de la nuit !

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Au dessus du refuge du Glacier Blanc

3 dortoirs où les randonneurs sont regroupés selon l’ heure de départ le lendemain. Une usine !

Une usine qui recycle à ciel ouvert.... et qui est le point de départ de nombreuses courses vers le col du Monetier ou la montagne des Agneaux.

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Entre refuges

A partir du refuge le sentier s’élève rapidement sur la rive gauche du glacier, suivant tantôt des rochers polis par la glace, tantôt de vieilles moraines oubliées.
Le sentier s’infléchit doucement vers le Nord-Ouest, puis, dès que le pied est posé sur la glace, vers l’Ouest. Le point de "suture" se situait voilà peu vers 2850 m.
Le pied du promontoire de Neige-Cordier dépassé, la montée vers l’éperon conduit, 100m au dessus du glacier, au refuge des Ecrins (3175m), 120 places. Il fut bâti en 1969.

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Refuge des Ecrins

Le glacier, la barre des Ecrins, neige et soleil, roches et foultitude de randonneurs, d’escaladeurs, de cordes, de piolets, de broches et de pitons, une joyeuse cohue qui se lève à l’aube dans un grand tintamarre, une passion partagée, une polyphonie assurée.
Mais que la montagne est froide à l’heure où le soleil n’est pas levé !
Nous n’irons pas tutoyer les 4000 aujourd’hui..... Ce sera la re-descente, avec peut être une sieste au sommet d’un saule !


Le saule herbacé, vu par le Parc National des Écrins

"Sous nos pieds, dans les creux des pelouses d’altitude, le sol est doux, encore humide de l’eau de fonte des névés : nous sommes dans une combe à neige. Peu de variétés dans la végétation ; l’espèce dominante est " l’arbre le plus petit du monde" : le saule herbacé. Son tronc minuscule s’étale non loin de la surface du sol que ses feuilles recouvrent presque totalement. Des feuilles, de quelques millimètres, à pointes obtuses et à bord crénelé, d’un vert gai. Comme tous les saules c’est une espèce dioïque : c’est à dire que monsieur possède des fleurs mâles en chatons et, madame, des fleurs femelles très discrètes.

"Une sieste au sommet des arbres ?
Cherchez une combe à neige. Si la neige a fini de fondre, choisissez la zone la plus verte. Et, si l’humidité du sol ne risque pas de réveiller vos rhumatismes, alors là, allongez vous sur le sol, et vous aurez de grandes chances de réaliser votre rêve : faire la sieste au sommet d’un arbre, ou même d’une forêt de saules herbacés
."

Source : Fleurs des Alpes - Guide de terrain des parcs nationaux de France" Libris

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