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La Ronde de Chaudun

vendredi 25 décembre 2015

ou l’intervention de l’homme sur la nature

"Il dégorge de grands vallons et torrents impétueux lors des ravages des pluies.... Les débords de la rivière empêchent des fois six mois entiers pour trafiquer le bétail. Les ravages des eaux ont fait fuir 10 familles."

Adresse au Parlement de Provence - 1698

Chaudun fut vendu en 1895 à l’Etat.
176 personnes s’exilèrent, qui vers l’Algérie, qui vers les Etats Unis, le pays déboisé, soumis au surpâturage et à l’érosion des sols ne pouvant plus subvenir à leurs besoins.
En 1896 le reboisement débuta sous l’égide de l’ancêtre de l’ONF. Il s’acheva en 1913.

Dénivelés : 850m Durée : 6 h30

Départ : Col de Gleize (1696m)
Accès : à partir du col Bayard, au nord de Gap, à la hauteur du golf, prendre direction col de Gleize.
Stationner au col de Gleize.

Voir la carte IGN
Cartes IGN au 1 / 25 000 : 3337 OT
L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

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Et là, deux possibilités.
La première consiste à se diriger plein nord par le sentier en zig zag qui conduit, à travers pins, au Pic de l’Aiguille et, par de là, suivre la crête dans une déambulation aérienne surplombant la vallée du Drac, tutoyant le Vieux Chaillol et le massif des Ecrins. Les mouflons, variété méditerranéenne qui se chauffent au soleil s’échapperont d’un versant l’autre à votre approche.

La deuxième, plus en douceur consiste à suivre la piste forestière en direction de Chaudun jusqu’à la côte 1690, donc un peu avant le col de Chabonottes, pour emprunter sur la droite le sentier qui, selon les courbes de niveau et après avoir franchi un éperon rocheux, conduit au cirque de Chaudun. C’est un vaste pâturage, où les névés peuvent perdurer tard en saison ; il domine les forêts issues du reboisement entrepris par l’ancêtre de l’ONF dès la fin du XIX siècle.

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Du fonds de la vallée du petit Buëch aux falaises du Pic de Bure, un paysage verdoyant, d’abord de forêts denses, puis de verts pâturages monte à l’assaut des crêtes.
Voilà 160 ans seulement, le mouvement était inverse : des terrains boueux glissaient à chaque orage emportés par les eaux de ruissellement, des torrents jaillissaient de chaque vallon et venaient grossir les eaux du Petit Buëch. Plus aucun arbre ne bordait les rives comme l’attestent les photos d’époque. Les crues alors étaient fréquentent et dévastatrices.

Aujourd’hui la forêt est riche de plusieurs espèces : pins, mélèzes, hêtres, cytises, argousiers, bugranes. Avec elles, la faune est revenue. Le mouflon a été réintroduit. Et dans les ruisseaux cascade une eau claire.

Le Pic de l’Aiguille franchi poursuivre soit sur les crêtes, soit emprunter le sentier qui plonge entre torrent de Tubière et source du petit Buëch et rejoindre le sentier médian qui selon les courbes de niveau fait le tour du cirque.
Dans la première hypothèse la jonction avec le sentier sous jacent se fait par la crête de Pradelle après avoir contourné Coste Folle et dépassé la pyramide de Moutet. Rejoindre alors le GR 93 pour gagner Chaudun. Belle descente dans une forêts aux futs majestueux.
Dans la deuxième hypothèse plonger bien avant le sommet de l’Aigle, à travers les Clots, et rejoindre le torrent. Le sentier conduit à Pré la Dame que surplombe le Roc de l’Aigle et, par là, à Chaudun.

Chaudun, quelques rares ruines noyées par la végétation, un cimetière et les deux seuls bâtiments préservés et entretenus, aujourd’hui occupés par l’ONF, et que l’on voit, face au pont, sur la photo de 1880, demeurent. Demeurent aussi la digue, entretenue par l’ONF et le pont de pierre qui seul et par lui même a su résister au temps.

Quelle ressemblance entre la photo ONF de 1880 et aujourd’hui ? Tout le fond de la vallée, jadis dénudé, est boisé. Aucune trace ne subsiste du village et de la rue principale. La végétation a tout "mangé".

Quelques panneaux muséographiques raconte la triste histoire de ce village où, sur les photos, seul le curé était bien nourri. ..

Pour le retour, si vous avez suivi les crêtes, emprunter le sentier qui traverse Pré la Dame, remonte le torrent et suivre le sentier médian en direction du col de Gleize.
Si vous avez emprunté ce sentier à l’aller, prendre la piste forestière qui serpente à travers la forêt où de nombreux cytises dégoulinent leurs dorures. Par le col de Chabanottes rejoindre le col de Gleize.

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Cytise

Le Pic de Bure, au nord, ferme l’horizon. Vers l’est le Petit Buëch roule ses eaux, calmes de nos jours, en direction de Rabou. Un sentier court le long de la rive gauche du Petit Buëch : le sentier des Bans. Il fait l’objet d’une très jolie randonnée que nous décrirons prochainement.

Bonnes randos


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Chaudun en 1880

La torrentialité est un vrai problème en climat méditerranéen, accentué par le déboisement accru au XVII et XVIII siècle et par le surpâturage. Erosion des sols et crues dévastatrices en sont les conséquences.

Le Code des Royales Constitution n’est pas respecté : "il ne sera pas permis à qui que ce soit, de déraciner ou brûler les troncs des arbres...". L’explosion démographique conduit à défricher les terrains pentus, boisés, accentuant l’instabilité des sols.
Au milieu de XIX siècle la vallée de Chaudun n’est que vastes étendues dénudées. Le manteau forestier a disparu.

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Chaudun, quelques années plus tard...

L’Etat est appelé à se substituer aux initiatives locales. Le village est vendu en 1895. Le reboisement commence (pin noir, pin sylvestre en association avec hêtre et noisetier, argousier, bauche, laserpitium, bugrane...).

Demontzey, inspecteur général des eaux et Forêts de Provence, incarnera cette volonté de restauration des terrains.

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