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Brèche des Moines, Croix de Provence et Pic Signal par le sentier des Venturiers

dimanche 22 octobre 2017

Il n’est pas rare l’hiver que Ste Victoire soit encapuchonnée de neige. Pins sylvestre, chênes blancs, pins noirs d’Autriche, buis, amélanchiers couvrent son versant nord.

Un prieuré, au XIIIè, fut bâti à son sommet, en équilibre sur une brèche, dans cette solitude, dans un total dénuement. Quel bénéfice le puissant diocèse de Marseille pouvait il tirer d’une telle installation ?
De toute évidence l’exemplarité monacale était une valeur indispensable.

 

Dénivellé : 600m

Durée : 4h30

Départ : Mini parking situé aux Cabassols, à 1,6km avant l’entrée de Vauvenargues

Localisation : Sainte Victoire

Carte : IGN 1/25 000 :

L’extrait de carte ne saurait remplacer la carte complète en randonnée

A partir d’Aix en Provence, rejoindre par la D10, Vauvenargues. Un parking de plus grande capacité aménagé aux Venturiers, précède celui des Cabassols.

 

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Le long de La Causse

Le chemin démarre dans le virage des Cabassols, en contrebas de la route, comme l’indique un panneau "Prieuré de Ste Victoire" posé par les monuments historique. Il emprunte sur quelques mètres une portion de route réservée aux riverains.

Descendre vers le cours de La Causse, rivière intermittente qui rejoint le lac de Bimont. Franchir le pont de pierre.

Poursuivre jusqu’à la barrière DFCI . Elle ferme à main gauche une piste qui remonte le vallon du Délubre, en longeant le ruisseau de l’Infernet. Elle rejoint le plateau d’Encuminière et le sentier des Plaideurs. Nous ne l’empruntons pas.

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Croix et Prieuré

Notre chemin s’oriente vers l’ouest, sur 400m, pour gagner le pied d’un des contreforts de Ste Victoire. Il conduit à la Croix de Provence. Le GR 9, fléché en rouge et blanc, emprunte ce passage, carrossable jusqu’à la côte 710 et réservé aux véhicules des Secours et aux Amis de Sainte Victoire qui assurent l’entretien du Prieuré.

Tout au long du chemin, la végétation est typique de l’étage méso méditerranéen, tout en étant moins exubérante et moins riche que celle présente sur le sentier des Plaideurs.

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Les Amis de Ste Victoire

A la côte 710 une mini plateforme de manœuvre pour véhicules marque le point ultime de la piste. Un banc public y trône !

De là, zig-zaguant entre buis, cistes et amélanchiers, un sentier aménagé par le Syndicat du Grand Site Sainte Victoire offre à chaque virage un regard différent sur la montagne, le lac de Bimont, le Prieuré, la Croix de Provence.

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Il longe une petite terrasse plane, au nom pompeux de "Pré aux Moines", traverse le vieux mur d’enceinte du Prieuré, puis, sur la crête des Costes Chaudes, rejoint le sentier Imoucha, fléché en bleu, en provenance du lac de Bimont.

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La Chapelle

La Brèche des Moines, joliment arborée de cèdres de l’Atlas, se dévoile enfin. Le portail du Prieuré franchi, la chapelle, le monastère et, au centre de la calade, la citerne qui recueille les eaux de pluie des toits de la chapelle et du monastère, constituent un lieu clos, étrange et envoutant.

Une plaque rappelle que le site est classé. Le monastère est aménagé en refuge. Il est gratuit, ouvert 7 jours sur 7. Il offre une cheminée, deux bas flancs. Il est nettoyé tous les jeudis.

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Le monastère aménagé en refuge

Sous le refuge une série de caves datant du XVII siècle ont été mises à jour lors du nettoyage de la fosse. Un escalier permettait d’accéder aux caves et à la grotte qui, traversant la falaise, ouvrait sur le vide, en façade sud. Des échelles permettaient alors de rejoindre les terrasses édifiées sous la brèche. Les moines avaient aménagé sur ces terrasses leur jardin potager.

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Le portail

Pour en savoir plus sur l’histoire du Prieuré voir les pages à ce sujet mises en lignes par les Amis de Ste Victoire, à qui nous devons la belle restauration des lieux, leur entretien et la riche documentation en ligne sur leur site internet. A consulter.

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Le Prieuré

A quelques pas de là, la Croix de Provence se dresse au dessus du vide. Plus loin, la grotte de Garigaï traverse la montagne et ouvre un accès au versant sud.

Au delà, le Pic du Signal et le ravissant plateau couvert de buis du Bau des Vespres se dressent dans un désert de pierre. En ces lieux , plus que dans la brèche, la magie opère...

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Lac de Bimont

Pour le retour nous prenons le sentier Imoucha. Aérien, il domine les carrières, la chaine de l’Etoile, l’étang de Berre, les Alpilles, le Lubéron. Il nous rapproche du lac de Bimont. Nous le quittons à la côte 472 pour suivre la ligne haute tension en direction du nord nord est. Le franchissement du vallon de Bimont offre quelques glissades. La traversée du plateau des Sages nous ouvre les berges du lac.

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Randonneur et pêcheur

Plus de cris, plus de bruit. Là, seul le frémissement des peupliers accompagne les friselis sur le lac. Là, quelques pêcheurs guettent le carnassier : sandre ou brochet... Le chemin nous ramène aux Cabassols en traversant deux fois La Causse. La jonction avec le chemin aller se fait rive gauche à la côte 370.


"Il est étonnant de constater qu’ au XI ème siècle, l’ Abbaye St Victor à Marseille, qui possédait pratiquement tous les édifices de la région et qui en assurait le contrôle et la gestion, ne mentionne, dans ses registres, ni oratoire ni même simple autel. Est seule mentionnée la grotte de St SERF toute proche.

Il faut donc attendre le milieu du XIII ème siècle pour trouver dans les écrits les premières traces de la présence d’ un ermitage ou d’ une petite chapelle (SANCTA AVENTURA) au sommet de la montagne, mais sans que l’ on sache exactement, ni à quelle date elle fut construite, ni à quel endroit précis elle se situait. Après une longue période de silence, ce n’ est qu ’aux XV ème et XVI ème siècles que l’ on retrouve sa trace dans des textes ou dans des actes sous le nom de SAINTE VENTURE.

Cette chapelle était sans doute un ermitage datant, pense-t-on, du Vème siècle et qui ne fut habité qu’ épisodiquement par de pieux solitaires car l’ extrême aridité des lieux ne devait guère favoriser les vocations. C’ est pourquoi il connut des périodes d’ activités très variables. Ce lieu a cependant été fréquenté assidûment à certaines époques par d’ importants personnages de la région, parmi lesquels on peut citer les quatre filles du Comte de Provence BERANGER V, qui au XIII ème siècle devinrent reine toutes quatre, puis au XV ème siècle la fille du Roi RENE, MARGUERITE D’ ANJOU qui devint reine d’ Angleterre. Par la suite, ce lieu fut progressivement abandonné par les ermites et, faute d’ entretien, il devint "dans un fâcheux état", comme le mentionne une chronique du XVII ème siècle.

La tradition des pèlerinages se maintint en tous cas pendant plusieurs siècles, les périodes fastes alternant avec d’ autres moins fastes. Le plus important fut, sans conteste, celui de PERTUIS dont les premières traces de l’ existence remontent à 1546. Il se déroulait annuellement le 24 Avril, fête traditionnellement adoptée pour sainte VENTURE, date que l’ on a attribuée plus tard à Sainte VICTOIRE (...). Au cours de ce pèlerinage, on voyait défiler à pied une masse importante de plusieurs centaines de personnes, à la fois bruyantes et ferventes, à travers bois, collines et champs sur un trajet de 70 kilomètres aller et retour qui menait de PERTUIS jusqu’à l’ ermitage. La tradition de cet important pèlerinage a été reprise de nos jours, sous une forme plus modeste, le ROUMAVAGI qui a lieu le dernier dimanche d’ avril.

Source : Les Amis de Ste Victoire