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Le calcaire dans tous ses états

lundi 28 décembre 2015

FORMATION DES CALANQUES .
En 3 étapes :

  • La première est l’accumulation d’une énorme masse de calcaires sur près de 1500 m. d’épaisseur, en fin jurassique et crétacé (début, vers-150 M. d’années).
  • La deuxième est une phase de soulèvement au début du tertiaire (30 M. d’années), donnant naissance à des reliefs complexes, suivie d’une troisième phase marquée par une érosion intense qui aboutit au nivellement de la montagne : une surface d’érosion (pénéplaine), au niveau de la mer de l’époque, définit le relief de la Provence d’alors, au milieu du tertiaire.
  • La troisième étape est celle de nouveaux soulèvements, à la fin du tertiaire( vers -10,-6 M d’a.), et dont certains se font encore sentir actuellement. C’est le moment important, récent, au cours duquel se façonne le paysage morphologique qui nous séduit : il est constitué de formes qui sont dues tantôt à la structure, tantôt à l’érosion.

Ce soulèvement s’est accompagné de cassures (failles), qui relèvent de la première ou de la deuxième phase tectonique : celles-ci ont donné naissance à des abrupts ; ainsi, les littoraux ouest et sud de notre massif sont-ils dus à de gigantesques fractures, qui descendent en escalier vers de très grandes profondeurs marines ; les abrupts intérieurs sont de même nature, mais le rejet des failles a été un peu moindre ( 800 m., quand même, sous Puget) ; l’ensemble Candelle- Candelon est coupé en deux par une faille dont le tracé se voit bien depuis l’observatoire de Sugiton ; le tracé des Calanques est généralement dû aussi à des lignes de faille qui ont guidé le travail de l’érosion ; les îles elles-même sont de petits blocs soulevés (horsts).
La nature " dolomitique " de certains calcaires est à l’origine des reliefs " ruiniformes ", avec aiguilles, clochetons, crêtes curieusement déchiquetées, etc.
La pénéplaine tertiaire a été soulevée, cassée, gauchie, érodée, mais il en subsiste des morceaux en altitude et que l’érosion n’a pas encore fait disparaître : l’ensemble de plateaux Puget-La Gardiole-La Fontasse, ou encore le plateau de l’ Homme Mort. Des formes de détail abondent, telles que les éboulis, ou ces lapiés, que l’on voit bien sur Puget et qui ne sont plus souvent ces cannelures premièrement formées, mais des débris de pierres résultant de leur érosion.
Mais, le plus remarquable relève de l’érosion " karstique ". Le massif calcaire a d’abord connu une érosion fluviale classique, mais les fissures (diaclases) liées aux diverses pressions tectoniques ont permis à l’eau de pluie de pénétrer à l’intérieur du calcaire et de créer progressivement un réseau de circulation souterrain qui a supplanté le subaérien et qui se composait de conduits, siphons et grottes ; les vallées sont devenues sèches, et le paysage blanc.
Ces Calanques que sont-elles ? Ce sont des vallées sèches, dont la partie inférieure a été envahie par la Méditerranée. Comment ? A l’époque quaternaire( le million et demi d’années avant notre ère), plusieurs époques glaciaires ont entraîné la formation de très puissants glaciers en montagne et sous les hautes latitudes ; cela s’est donc accompagné d’une baisse du niveau de la mer et, partant, d’une érosion fluviale renforcée. Lors de la dernière glaciation, la mer était à -100 m. ; il y a 10-12000 ans, la glace a fondu, le niveau marin s’est relevé, ennoyant les basses vallées : les Calanques, formées d’un canyon calcaire aux parois raides envahi par la mer et d’une vallée sèche en amont, étaient nées. Notons qu’elles ne sont en rien des fjords, lesquels sont dus au creusement par des fleuves de glace de deux ou trois milliers de mètres d’épaisseur et sont de forme et d’ampleur autres.

1. Paysage probable du massif à la fin du Miocène (il y a 5 millions d’années).
Après une très longue période d’érosion, le relief est usé, l’altitude générale est très basse.

2. Vers la limite Pliocène-Quaternaire (il y a 1,5 millions d’années), un mouvement tectonique surélève la région de plusieurs centaines de mètres. Ce phénomène est périodiquement accentué par les glaciations qui provoquent l’abaissement du milieu marin.
L’érosion reprend : le réseau de ravins se surcreuse profondément tandis que les phénomènes karstiques se développent.
Le dessin ci-contre représente la situation il y a quelques dizaines de milliers d’années : le niveau marin est à 150-200 mètres au dessous du niveau actuel

3. Au stade actuel (période chaude), le niveau de la mer est remonté, noyant la partie aval des ravins (calanques) ainsi que de nombreuses cavités karstiques telle la Grotte Cosquer.
Les schémas et commentaires ci dessus sont extraits du livre de Gérard Guieu, Jean Ricour et Jacques Rouire :

Découverte géologique de Marseille et de son décor montagneux, éditions Jeanne Laffitte 1996

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