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De la bergerie de Puget au col des Chèvres

dimanche 22 octobre 2017

Marseille. En remontant la rue Dieudé il y avait affluence devant la porte d’une bastide : l’école des sœurs des Dominicaines de Toulouse, vendue à un promoteur, était en cours de déménagement, une occasion rêvée d’y pénétrer et de faire la connaissance, avec beaucoup de chance, de l’ex directrice de l’école Saint Thomas d’Aquin, désormais en retraite... Elle nous fait découvrir ce qui fut la bastide de Pierre Puget, et son fameux salon chinois.

De fil en aiguille nous apprenons que Pierre Puget avait une bergerie dans les calanques et nous découvrons que ce que nous pensions être un poste de garde ou une maison de berger au pied de Marseilleveyre s’avère être la bergerie de Pierre Puget...

Alors nous avons repris le chemin des chèvres....une randonnée de la Grotte Rolland au sommet de Marseilleveyre avec retour par le col des Chèvres....

 

Dénivellation : 280 m Durée : 2h à 3h00

Départ : Traverser Marseille en direction de la Pointe Rouge, puis la campagne Pastré passée, prendre sur la gauche le Bd de la Grotte Roland. Stationner à hauteur de l’aqueduc.

Le départ s’effectue à 50m de là.

Voir la carte IGN
Carte IGN 1/25 000 : 3145 ET
L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

 

Franchir la barrière DFCI et suivre le talweg en laissant à main gauche la piste incendie. Le sentier balisé jaune orange et vert s’élève progressivement parmi pins, viorne, chênes kermès...
Fin avril, toutes les plantes connaissent la floraison, c’est une explosion. Reconnaître, dénommer, différencier chaque plante à partir de chaque fleur devient facile, jouissif ; c’est une plongée dans les senteurs, les touchers, les couleurs... et tout sera brulé, racorni, desséché, l’été venu...
Des vestiges sont blottis sous le baou en bordure du mur qui fermait le talweg. Il s’agit de la bergerie de Pierre Puget (1620-1694), sculpteur, dessinateur, peintre et architecte français.
Ce jas creusé dans le roc était constitué d’une salle basse voûtée toujours visible et d’un abri de berger dont il ne reste que la porte.
D’après des archives de 1696, la propriété aurait appartenu à Pierre Puget et ses héritiers de 1685 à 1772.
François Puget, vendait son bois à la ville pour entretenir le feu de la vigie de Marseilleveyre. Le document précise que "cet homme, fils de Pierre Puget, avait hérité de son père, à sa mort en 1694, de ce jas et des bois, dans une petite gorge, au pied de la montagne qui conduit à la grotte « de Rolland ".

Le talweg rejoint un sentier fléché jaune et noir en provenance de la Madrague de Montredon. Le suivre vers l’est. Il chemine le long du balcon calcaire et s’élève progressivement en suivant le socle du massif. Au bout de 200m, un sentier bordé d’une pierre peinte d’’une croix noire plonge sur la gauche. Il conduit à la Grotte Rolland à 50m de là.

Profonde d’une centaine de mètres, située juste en bordure du banc calcaire et dominant le vallon des Trois Gancets et Montredon, la grotte est définie comme espace à protéger. En bordure d’une mégapole la protection de la diversité doit être une priorité, aussi il n’est pas souhaitable de pénétrer dans la galerie : des chiroptères (minioptères de Schreibers, pour être précis), espèce sensible, recolonisent la grotte. Merci pour elles.

Plusieurs légendes ont pour origine la grotte Rolland. Selon Ely BOISSIN dans son ouvrage sur les Calanques, le curé des Accoules y aurait abrité au XVI siècle des amours interdits. Ayant sous la torture avoué il fut jugé, condamné et supplicié à Aix. Mais les conséquences, à en croire les chroniques, furent jugées désastreuses : "Ses cendres jetées au vent furent une semence admirable : de tous cotés la folie contagieuse se répandait..."

Poursuivre vers l’est jusqu’ à la bifurcation entre flèches jaunes et noires. Les noires conduisent au col de la Selle à travers le bois éponyme où plusieurs familles de sangliers ont élues domicile. Le sentier fléché en jaune conduit au sommet de Marseilleveyre en franchissant un à un les différents bancs de calcaire, à travers une succession de cheminées qui n’offrent pas de difficultés particulières. A mi hauteur il est rejoint par le GR 98A, fléché en rouge, en provenance du col de la Selle.

Le sommet offre un panorama à 360 degré. La vue porte sur la cote Bleue, dépasse Marseille, les iles du Frioul, Planier. Les iles Maire, Jarre, Jarron, Plane, Riou sont à vos pieds. Le cap Canaille, au delà de la Candelle et du Mont Puget ferme l’horizon, débordé vers le sud par les Iles des Embiez et le cap Sicié.

A coté de la croix, les ruines de la vigie rappellent l’insécurité avec laquelle Marseille longtemps a dû compter. La trace manuscrite de la plus ancienne implantation d’une vigie au sommet de Marseilleveyre remonte en 1302. A cette époque la côte était bordée de fanaux dont le but n’était pas forcément de venir en aide aux marins, mais, tout au contraire, d’induire un naufrage.

Et vous découvrez Callelongue, sa vigie, le plateau de St Michel comme jamais vous ne les avez vus.

Pour le retour, ne pas se diriger vers le Pas de la Selle à l’ouest, mais suivre le tracé bleu, en direction de l’est , en direction du sommet de Béouveyre. Au col des Chèvres débute un tracé marron, il ramène directement à la bergerie de Pierre Puget.

Pierre Puget, né le 16/10/1620 1620 à Marseille, fut sculpteur, dessinateur, peintre et architecte. On lui doit le célébre bâtiment de la Vieille Charité, dans le quartier du Planier, au dessus du Vieux Port.

Puget construisit sa bastide sur la colline Fongate, alors en dehors de la ville. Le salon chinois figure parmi les 80 autres monuments classés de Marseille.

Sa philosophie est inscrite dans ses oeuvres : En 1661 sur la façade de sa maison, dans une niche circulaire, il porte pour inscription sous un buste du Christ : « Salvator mundi, miserere nobis (Il sauve le monde et nous laisse la misère) » Et dessous : « Nul travail sans peine ». Pierre Puget ne croyait... qu’en son labeur !