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Le sel et Saint Blaise

mardi 22 mars 2016

C’est le sel qui fit la richesse et assura le développement de ce territoire. Depuis les celto ligures jusqu’au siècle dernier.

Un bref retour sur cette histoire

L’étang de Lavalduc et les Salins de Rassuen (avec l’étang de Citis) sont historiquement liés à celui de Lavalduc, mitoyen à l’Engrenier, 10 mètres sous le niveau de la mer, un surcreusement dû à l’érosion éolienne à la fin de la dernière glaciation (Riss).

La salinité de Lavalduc résulte des retraits marins qui se sont produits il y a quelques millions d’années mais l’étang est aussi alimentée par des sources salines.

A l’époque celto ligure

Le sel des étangs de Rassuen, Lavalduc et de l’Engrenier était déjà prélevé en 600 avant JC par les commerçants de Saint Blaise, la cité gauloise qui se posait en rivale économique de Massalia. Ce site fut occupé à diverses périodes. D’abord par les celto ligures au VIe siècle avant JC, puis par les paléochrétiens au Ve siècle après JC, sous le nom d’Ugium. De ce village en ruine s’élevèrent 8 siècles plus tard les remparts de Castel Veyre, d’où le nom de Castillon aujourd’hui.

C’est le sel, toujours le sel qui a attiré et sédentarisé au fil des siècles la population. Un sel si convoité, qui , pour échapper à la gabelle, fait l’objet d’une contrebande jusqu’à la Révolution.

Pour contrer ce trafic, un canal, le canal du Roi, est creusé pour relier les étangs de l’Engrenier et de Lavalduc à la Méditerranée. Il est sensé noyer et dissoudre le sel. Mais l’apport d’eau salée a l’effet inverse !

Après la Révolution

Après la Révolution, le savon de Marseille et l’industrie du verre transforment le visage de ces étangs. Leur fabrication nécessite de la soude, obtenue naturellement par la combustion de plantes halophytes appelées soude, à majorité importées d’Espagne (delta de l’Ebre).

Avec les guerres napoléonniennes

Au début du XIXème siècle, le blocus anglais des ports français met un terme à l’importation de soude en provenance d’Espagne. Les industries décident de mettre en pratique et à grande échelle le procédé Leblanc qui permet d’obtenir de la soude chimique à partir du sel marin.

La saumure de Lavalduc est alors acheminée vers de nouveaux marais salants : une dizaine coté Fos sur Mer dont ceux du Mazet et du plan d’Arenc, une bande de sable séparant les étangs de Lavalduc et de l’Engrenier. Puis, coté istréen naissent les salins de Cappeau, Frafra et Rassuen. Un aqueduc est construit pour acheminer la saumure de Lavalduc aux salins de Frafra.

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Aqueduc pour alimenter en saumure les salins

Enfin, l’étang de Citis (Saint Mitre) est lui aussi transformé au début du XIXème siècle en marais salants, alimenté en saumure par un tunnel. Un autre tunnel souterrain, construit en 1835, le relie au port du Ranquet où le sel est transporté par wagonnets. L’exploitation du sel sur l’étang de Citis dure jusqu’en 1925.

Par une succession de tunnels creusés dans les collines et d’aqueducs pour enjamber les ravins, les eaux de l’étang de Rassuen sont évacuées dans le canal du Roi avant d’être rejetées dans la mer à la plage de Fos. Asséché, cet étang peut alors être transformé en salines dès 1804.
Une pompe à feu bâtie sur la colline nord-est de Lavalduc permettait d’élever la saumure de l’étang à 30 mètres de hauteur et de conduire le produit vers les salins de Rassuen par un canal à l’air libre. La saumure était ensuite reprise par des vis d’Archimède elles-mêmes entraînées par une pompe à vent, dans la cabane noire (détruite dans les années 80) à l’entrée du site.

La pompe à feu est en fait une pompe à vapeur qui est produite par le chauffage d’eau douce acheminée depuis le canal des Alpines puis un conduit. Une partie du sel de Rassuen est transportée au port du Ranquet en charrettes. Ce sel rejoint sur l’un des 3 embarcadères ceux des salins de Lavalduc et de Citis avant d’être expédié par bateaux.

L’autre partie est destinée à la soude, fabriquée chimiquement dans l’usine construite en 1809 et mitoyenne aux salins. Ce fut l’usine la plus importante du département mais à la fin du XIXe siècle, elle doit faire face à la concurrence du procédé Solvay aux Salins de Giraud (concurrent économique du procédé Leblanc) et se diversifier dans une vingtaine de produits comme les acides, les dérivés du chlore, les colles ou encore la gélatine.
En 1920, sa survie l’obligea une nouvelle fois à changer de cap et se tourner vers la production d’engrais. Malgré leur réputation et quelques restructurations, les Engrais de Rassuen cessèrent leur activité en 1988 et l’usine ferma ses portes après 180 années de fonctionnement.

Source : http://lesamisduvieilistres.org/

Pour plus d’informations, voir la lettre de Rando Var


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Soude commune

La soude naturelle
On l’obtient après combustion de la plante. Les cendres contiennent alors 30 % de carbonate de sodium (Na2CO3) ou « soude naturelle ». Après caustication de la cendre (ajout de chaux), on obtient la soude caustique, utile pour faire du savon ou pour la fabrication du verre.
Source : Wikipedia

Portfolio

  • Carte ancienne : Castel Veyre correspond au plateau de St Blaise
  • Chapelle St Blaise (XIIe siècle) bâtie sur une église paléo chrétienne
  • Soubassements de l'église paléo chrétienne sous deux autres (...)
  • Empilement de 3 églises
  • Mur "grec"
  • Mur "grec"
  • Calade d'accès à la source de Tourtoulane
  • Tombes rupestres
  • Tombes rupestres
  • Tombes rupestres
  • Tombes rupestres
  • Traces de charroi
  • Traces de charroi
  • Carrière dans la falaise
  • Emblavure
  • Mine d'eau
  • Étangs d' Engrenier et de Lavalduc
  • Salins abandonnés de l'étang de Lavalduc
  • Étang de Lavalduc
  • Canal de vidange de l'étang de Rassuen
  • Canal de vidange de l'étang de Rassuen
  • Canal de vidange de l'étang de Rassuen
  • Soude commune