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La Grotte Cosquer

mardi 12 juillet 2016

JPEGLa grotte Cosquer est située près de Marseille, dans les Calanques, au cap Morgiou. Elle est accessible par un tunnel long de 175 mètres dont l’entrée sous marine est à 37 mètres de fond.

Unique au monde, cette grotte sous-marine abrite plusieurs dizaines d’œuvres peintes et gravées il y a environ 27 000 et 19 000 ans.

Ornée de divers animaux terrestres, elle compte également des phoques et
des pingouins, 55 mains négatives et d’innombrables tracés digitaux, des dizaines de signes géométriques ainsi qu’une gravure exceptionnelle représentant un "homme tué".

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Les animaux terrestres
La grotte Cosquer offre une palette d’animaux terrestres d’une grande richesse. L’identification de chaque représentation a demandé un travail minutieux, une lecture délicate du message paléolithique effacé par le temps, détruit par la nature et parfois déformé dès sa réalisation.
Cheval pansu peint en noir - salle basse de la zone ouest {GIF}Sur les parois humides se côtoient chevaux, bisons et aurochs, bouquetins et chamois, divers cervidés, un félin et des animaux indéterminés. En tout, 142 animaux.

Avec 48 gravures ou peintures, le cheval est l’animal le plus représenté dans la grotte.
Ce cheval noir, long de 68 cm, présente des contours simples ; les pattes sont assez gauches, mais certains détails sont bien marqués, tels que l’œil, la ganache ou la crinière en hachures parallèles.

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Cheval noir réduit au protomé - zone est de la grande salle

Ce cheval a été peint à 1,20 m du sol, sur une surface molle. On distingue la tête, remplie de traits noirs, la crinière, faite de longs traits épais parallèles et le poitrail.

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Cheval gravé - sommet de la faille aux bisons

Ce cheval, long de 45 cm, est gravé sur le même panneau qu’un chamois et une biche. Les marques sont assez profondes et révèlent un tracé sûr. Le cheval présente de bonnes proportions, une tête fine et un ventre volumineux. Seules les pattes, gravées en Y, sont très grêles. Son sexe est figuré par deux traits convergents, en V, comme le cheval peint en noir du panneau des chevaux. Ce détail permet de conclure à la contemporanéité des peintures et des gravures. Aucun moyen de datation absolue ne permettant en effet de dater les gravures, celles-ci sont situées chronologiquement par comparaison avec les peintures au charbon qui, elles, font l’objet de datations directes.

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Cerf peint en noir, salle basse de la zone ouest

Découvert sur un plafond bas de la zone ouest, ce cerf est peint en noir avec précision : on distingue une oreille ainsi que l’andouiller. Ses bois bien ramifiés sont vus de face alors que l’animal est de profil. Cette convention que l’abbé Breuil appelait " perspective tordue ", se retrouve sur les bisons, les bouquetins, les chamois, les aurochs. Elle est assez caractéristique de l’art du Solutréen, ce qui s’accorde bien avec la chronologie de la grotte Cosquer, phase 2.
Comme les autres animaux peints sur ce plafond, il est en partie recouvert de cristallisations de calcite blanche, notamment sur l’arrière-train.

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Grand bison

Ce bison au tracé simple présente des particularités intéressantes : avec ses 1m.20, il est l’un des plus grands animaux de la grotte ; de plus il est représenté en entier et, ce qui est rare, sa tête est de trois quart.
Seules ses pattes ne sont pas terminées.
Quant à l’absence de sabots, elle est caractéristique de tous les animaux de la grotte.

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Sur la faille Est, petit bouquetin gravé

Ce petit bouquetin au ventre croisillonné, accompagné de nombreux grattages, présente un corps massif et une queue dessinée dans le prolongement de la ligne du dos, qui n’est pas rattachée à l’arrière-train. La série de croisillons pourrait symboliser le pelage. Au-dessus du bouquetin a été gravé un animal interprété comme un phoque vu de dessus, barré d’un trait qui pourrait symboliser un projectile.

Les animaux marins
Dans les grottes ornées paléolithiques, les animaux marins sont très rarement représentés. Dans la grotte Cosquer, ils constituent une part non négligeable (11 %) de l’effectif total des figures.
Pingouins, phoques, poissons et divers signes pouvant évoquer des méduses ou des
poulpes ont été dessinés ou gravés dans la roche.

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Pingouins

C’est la première fois que des pingouins sont figurés dans l’art quaternaire, bien que des ossements de Grands Pingouins Alca Impennis aient été signalés dans plusieurs habitats méditerranéens du Paléolithique supérieur (Gibraltar, Italie du Sud, Golfe de Gènes).
Il s’agit probablement du "grand pingouin", encore très répandu dans l’Atlantique nord au XIXe siècle, mais massacré par les marins et les pêcheurs pour sa chair comestible.

Les mains

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Série de mains négatives sur fond noir

Témoignage émouvant de la vie des hommes du Paléolithique, plus d’une cinquantaine de mains ont été découvertes dans la grotte. Elles ont été dessinées aussi bien en négatif (pochoir) qu’en positif (enduites de colorant et appliquées sur la roche). Elles sont toutes situées dans la partie droite (est) de la grotte, semblant ainsi jalonner un cheminement qui mène au grand puits, aujourd’hui noyé, mais qui jadis constituait un gouffre obscur, profond de 24 mètres, qui a dû effrayer les premiers visiteurs de la grotte, il y a 27.000 ans.

Ce massif stalagmitique, situé près du grand puits noyé porte un groupe de huit mains gauches. Ces mains, aux doigts raccourcis, ressortent sur un fond de charbon de bois pulvérisé.

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Mains négatives à doigts incomplets

Le manque de phalanges apparaissant sur les mains dessinées a suscité de nombreuses interrogations. S’agit-il de témoignages de mutilations, de sacrifices rituels , de maladies circulatoires ou de doigts gelés ?. Sur ces mains aux doigts incomplets, le pouce est toujours intacts, ce qui élimine d’emblée l’hypothèse de gelures graves ayant entraîné la nécrose des phalanges.
Aucun squelette du Paléolithique supérieur retrouvé à ce jour ne présente des mains aux phalanges incomplètes.
L’hypothèse la plus probable serait alors que les mains étaient dessinées avec les doigts repliés, signe de reconnaissance ou langage codé, vraisemblablement lié à la chasse et à divers rites, langage silencieux jadis utilisé par des peuples chasseurs tels les Bushmen, ou les Aborigènes d’Australie

Direction scientifique : Jean Clottes et Jean Courtin

Photos A. Chéné, CNRS/CCJ.

Reproduction avec l’aimable autorisation des Services de recherches archéologiques

Afin de préserver ce site exceptionnel, mais également pour des raisons de sécurité, son accès est fermé au public. Une représentation de la grotte en images de synthèse 3D a été réalisée par EDF, en 1994.

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