Randonnée Var Provence Alpes

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Du sémaphore à l’anse de Figuerolles

vendredi 23 décembre 2016

Loin du calcaire aveuglant, voilà une randonnée dans un paysage minéral spectaculaire, saigné de profonds thalwegs s’abimant dans la mer, avec d’étonnants reliefs de poudingue ocre sculptés par l’érosion.

Une randonnée idéale, féérique même après la pluie. Ces milliers de galets, formant autant de cuvettes, emprisonnent ciel et soleil, réverbèrent mille éclats de lumière et de jeux d’eau jusqu’au fond des thalwegs.

Dénivelé : 320 m Durée : 4h00

Départ : parking du sémaphore, au sommet du Cap canaille
Localisation : Cassis
Des parkings payants sont à disposition à proximité de l’anse de Figuerolles. Optez pour le grand large et la gratuité du parking du Sémaphore, d’autant que le circuit est une boucle !
Le parcours est à faire selon l’heure de la journée afin de se protéger de la réverbération du soleil sur la mer. Si vous démarrez le matin, suivez le sens des aiguilles d’une montre, descendez par le sentier muletier puis la route et remontez par la villa de Walter Speany, en longeant les falaises. Si c’est l’après midi, optez pour le sens rétrograde, longez les falaises et remontez par la villa de Michel Simon.
Le sentier des falaises est étroit, bordé de chêne kermès piquant. Eviter de prendre un short...

Voir la carte IGN
L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

Nota : En décochant dans le cartouche "Couches" de la carte les options Photographie et Carte IGN, et en cochant l’option Géologie 1/250, le tracé de la randonnée se superpose à la carte géologique du Bec de l’Aigle.

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Les Calanques vues du Cap Canaille

Le Cap Canaille offre une vue imprenable sur le massif des calanques, le massif de Marseilleveyre et les îles de Riou… mais aussi sur la Sainte Victoire, la Ste Baume, le Gros Cerveau, Siou Blanc, le Cap Sicié, Porquerolles... A l’Ouest de la Ciotat, sa plus haute falaise, la Grande Tête, culmine à 394 m.

Du parking contourner le Sémaphore, construit au XIX siècle, et suivre sur 200 mètres le sentier fléché en jaune qui descend vers le Bec de l’Aigle. Dès qu’il oblique vers le nord, l’abandonner pour emprunter le petit sentier (points bleus et triangles bleus) qui, au dessus des flots, longe tantôt l’affleurement calcaire de la falaise, tantôt le poudingue.

Le poudingue [1] est une roche sédimentaire détritique consolidée, constituée de débris arrondis, qui sont d’anciens galets roulés par les eaux. C’est un conglomérat qui n’est pas constitué de morceaux anguleux comme la brèche, consolidée sans transport.
Le poudingue affiche en conséquence plusieurs couleurs, et, globalement, une teinte ocre due aux sables.

La végétation est typique des calanques. Plusieurs plantations de Camphorée de Montpellier sont présentes sur les crêtes.
Le sentier longe les abords de l’ancienne carrière de la Vigie pour rejoindre, posée en bord de falaise, la villa, à l’abandon, de Walter Speany, un sculpteur suisse qui à sa mort en 1955, lègua sa propriété à Mme Crémieux, laquelle la légua au Conservatoire du littoral.

Le sentier se poursuit en direction du Bec de l’Aigle, longe à nouveau les falaises puis plonge au fond d’un premier thalweg arboré pour remonter sur le versant opposé. Il rejoint le tracé jaune.
Suivre le tracé jaune et, au premier carrefour, prendre en direction de la mer. A partir de là, suivre le tracé en points ou triangles bleus.
Le deuxième thalweg franchi, le sentier remonte en direction de la chapelle de La Garde.

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Chapelle ND de la Garde

A l’époque romaine, une vigie était érigée sur les hauteurs du Bec de l’Aigle. Utilisée jusqu’au Moyen Age, elle fut déplacée vers 1543 à Rocca Rodona pour surveiller les pirates qui se cachaient à Figuerolles. C’est cette vigie [2] qui donne à la chapelle, construite en 1611, le nom de Notre-Dame de la Garde.
Plusieurs ex votos, certains très anciens sont accrochés, sur les parois.

Quitter la chapelle en longeant la balustrade. Quelques mètres avant les habitations, un point bleu sur la barrière signale le début du sentier (points bleus). Franchir la barrière. Le balisage se dirige vers l’anse de Figuerolles. Très beaux points de vue sur la calanque et le Bec de l’Aigle.
Rejoindre la calanque et ses vieux troglodytes puis remonter les escaliers qui conduisent à la placette de Figuerolles.
De là, laisser l’anse du Mugel à main droite et remonter la route qui conduit à St Frétouse (balisage jaune).

Sur la gauche un panneau indique la villa de Michel Simon. A la mort de l’artiste, en 1975, un projet immobilier faillit la faire disparaitre. Mais quelques cinéphiles de la Ciotat s’y sont opposés et la ville finalement l’a rachetée en 1990.
En 2008, le Conservatoire du littoral l’a rachetée à la ville. La villa n’est pas occupée.

Avant les dernière maisons prendre sur la droite la route goudronnée montante pour l’abandonner immédiatement pour un sentier muletier qui ramène au parking du Sémaphore.

De là, La Ciotat apparait comme une carte à jouer...
"C’est comme une carte à jouer. Des toits rouges sur la mer bleue. Le soleil est si effrayant, qu’il me semble que les objets s’enlèvent en silhouette, non pas seulement en blanc et noir, mais en bleu, en rouge, en brun, en violet. Je puis me tromper, mais il me semble que c’est l’antipode du modelé."
Cézanne
Lettre à son ami Camille Pissarro


Le Conservatoire du littoral a fait l’acquisition de ce site en 1997 pour mettre fin au développement des lotissements en bordure de la baie de la Ciotat.

Portfolio

  • Les calanques vues du Cap Canaille
  • Sous le Sémaphore
  • Villa de Walter Speany, à l'abandon
  • Alternances calcaire poudingue
  • Reflets au bas des valleuses
  • Vue de la terrasse Walter Speany
  • A travers le verre brisé (Villa W Speany)
  • Le sentier se poursuit là...
  • Lichen (photo macro)
  • Deuxième thalweg (ou valleuse)
  • Valleuse débouchant sur l'à pic
  • Ressac sur poudingue
  • Photo, photo, photo...
  • Photo, photo, photo...
  • Cactées, une plante envahissante aussi
  • Iberis saxatalis (photo macro)
  • Sémaphore, villa Speany vus des restanques
  • Après franchissement de la balustrade...
  • Bec de l'Aigle, Anse et bec de Figuerolles
  • Photo, photo, photo...
  • Anse de Figuerolles
  • Plage et troglodytes de Figuerolles
  • Plage et bec de Figuerolles
  • Photo, photo, photo... (macro)
  • Villa de Michel SIMON
  • Début du sentier muletier
  • Sur le sentier muletier
  • Murets, un art de la pierre sèche
  • La Ciotat, le Bec de l'Aigle, en soirée

[1Le poudingue du Bec de l’Aigle date du Turonien. Il est constitué d’éléments plus anciens comme le grès, rouge, et le quartziste, gris foncé, qui datent du Permien. On y trouve également des galets calcaires. Ces galets accumulés trahissent l’emplacement d’un antique rivage ou estuaire. En ce lieu, la charge du fleuve ne suffisant plus à transporter les galets, ils se déposaient, étaient roulés et polis par les vagues.
La mer était alors située au nord, sur la Provence, au sud s’étendait un continent disparu dont ne restent que Corse, Sardaigne et Minorque. Le fleuve qui amenait ces galets venait du sud, coulait vers le nord. C’est la pression de la plaque africaine montant sur la plaque européenne qui fit disparaitre ce socle, et créa la Méditerranée.

[2Les vigies sur la côte : D’après une ordonnance du 1er juin 1695, conservée aux archives de La Cadière, les vigies du littoral correspondaient entre elles selon l’ordre suivant : Vigie du Cap Couronne - Tour de Carry, près de Martigues – Notre-Dame de la Garde, à Marseille - Vigie de Marseilleveyre - Ile de Riou - Vigie du Cap de l’Aigle - Vigie de la plage de Runzels, près d’Ollioules, et ainsi de suite ....
Successivement, en 1695, 1711, 1747, 1761, les Gouverneurs de Provence renouvelleront régulièrement la vigie dans ses fonctions et, durant tout ce temps, la vigie de Notre-Dame de la Garde, à La Ciotat, n’a donc jamais cessé d’assurer la veille.