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Mont Ventoux

mardi 24 janvier 2017

"L"homme avance péniblement. Chaque pas semble lui coûter un effort surhumain. C’est que l’ascension a été rude. Bien plus rude qu’il ne l’avait cru. L’étroit sentier, à peine marqué, sur lequel il peine, lui paraît interminable. Les cailloux roulent sous ses pieds. Cent fois il a failli trébucher, débouler sur les pentes abruptes de la montagne. Et le soleil, impitoyable, lui vrille la nuque, semble vouloir le fondre, le dissoudre dans le paysage...."

C’est ainsi que Robert Charrès décrit son ascension du Mont Ventoux (" Provence inspirée").

Dénivellation :

- 1500 m à partir de Bédouin, 40 kms environ
- 600 m à partir du Belvédère (Sault). 25 kms environ.

 

GIFVoir la carte IGN
Carte IGN 1/25 000 :
L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

Plusieurs sentiers conduisent au sommet du Ventoux.

  • L’un part de Brantes, au nord, et atteint le sommet par son versant le plus abrupt.
  • Un deuxième débute à Malaucène, à l’ouest. Plus progressif, il se déploie, également, sur le versant nord.
  • Bédoin, petit village situé au sud ouest, offre un troisième accès sous la forme d’une boucle, en partie sur les crêtes, en partie sur un GR. Un long parcours.
  • Enfin, au sud est, à proximité de Sault une très belle alternative s’offre avec un parcours également en boucle et moins de dénivelé, qui se termine par le versant nord.

Si vous n’envisagez pas de bivouac, c’est le sentier au départ de Sault qui s’impose, pour son cadre somptueux.

Le Ventoux est calcaire, à l’unisson de la Provence. D’où la crinière blanche qui coiffe son sommet et les résurgences qui l’entourent, dues à la pénétration des eaux dans le relief karstique.
Des drailles, ces anciens chemins de transhumance, cernent sa périphérie. Une seule la traverse du nord au sud, elle relie Sault à Brantes.
Le sommet du Ventoux a été visité tôt dans l’histoire comme l’attestent les céramiques trouvées lors de l’édification de la station météorologique, mais c’est à Pétrarque qu’on doit la première ascension datée. Le 26 avril 1336, parti de Malaucène, Pétrarque découvre le sommet d’un Ventoux alors boisé. Les constructions navales de Toulon, La Ciotat, Marseille, les charbonniers et les éleveurs ovins n’avaient, en effet, pas encore mis en coupe la montagne...

La déforestation du Ventoux
Les chantiers navals, dès le XIIe siècle, ont utilisé les arbres qui poussent sur ses pentes. Cette ponction fut aggravée, dès janvier 1250, par une généreuse donation. Le seigneur de Bédoin cède, en pleine propriété, la montagne à la communauté des villageois. Cette cession va se révéler, avec les siècles, une catastrophe pour la forêt : surexploitée par des coupes claires afin de permettre la pâture des troupeaux de moutons, seuls restent boisés au XIXe siècle certains lieux inaccessibles de l’ubac.

Aussi, après sa déforestation le Ventoux a fait l’objet d’intenses campagnes de reboisement selon les directives de Prosper DEMONTZEY
Il faut attendre 1858, pour que le maire et ce qui deviendra " l’Office des Eaux et Forêts", dans le cadre de la « restauration des terrains de montagne », retournent la situation. Des chênes truffiers sont alors plantés. Ces nouvelles truffières de Bédoin approvisionnent ainsi, entre 1860 et 1890, les marchés de Carpentras et assoient leur réputation.

Dans le reboisement des essences locales sont aussi utilisées, hêtre, pin, mais aussi des espèces exotiques comme le pin noir d’Autriche. Mais l’essence la plus importante du second volet du reboisement est le cèdre de l’Atlas. Son implantation va constituer la première cédraie de France. Ensemencée entre 1862 et 1865, à partir de cônes importés de l’Atlas algérien, elle couvre 60 hectares entre 800 et 1 000 mètres d’altitude. Aujourd’hui, grâce à la dissémination des graines, elle couvre plus de 2000 hectares .

A cela il convient de rajouter, autour du parking du Belvédère, de nouvelles espèces de sapins comme le sapin de Céphalonie, le sapin de Nordmann ou le sapin d’Andalousie. Ils participent à la grande diversité des essences présentes.

Comme le pastoralisme, la production traditionnelle de charbon de bois a largement contribué au déboisement.
Dès le Moyen Âge, les charbonniers ont été à l’œuvre. Leur activité fut telle, qu’en 1549, les États du Comtat s’alarment du déboisement. Cette pratique étant généralisée en France, une ordonnance royale tente d’y mettre fin en 1635. Elle n’a aucun effet dans le Comtat Venaissin. Le résultat attendu de cette surexploitation arrive en 1838 : il ne reste plus un seul arbre sur les pentes du Ventoux entre 500 et 1 000 mètres d’altitude. Les charbonniers désertent le Ventoux pour les monts de Vaucluse...

"Pour construire une meule ou charbonnière, il fallait utiliser entre 10 à 50 tonnes de bois, provenant essentiellement du hêtre et du chêne blanc ou vert. Leurs troncs étaient étagés autour d’une cheminée centrale et cette demi-sphère recouverte de terre humide et de feuillage pour en assurer l’étanchéité. La combustion était maîtrisée par le charbonnier grâce au percement de « trous d’évent » dans le revêtement terreux. Au bout de quelques jours avait lieu le défournement, cinq tonnes de bois fournissaient une tonne de charbon." (Source Wikipédia)

Aujourd’hui la flore du Ventoux est d’une diversité rare : la configuration du massif, les diverses glaciations, l’opposition des versants et l’histoire humaine, ont rassemblé une flore méditerranéenne, médioeuropéenne, alpine, et même glaciaire (saxifrage du Spitzberg, petit pavot velu du Groenland...) .

On y découvre des plantes méditerranéennes comme le thym, le chêne vert, mais aussi le cèdre, le hêtre, le pin et quelques cultures d’oliviers ou encore de lavande sur les piémonts, mais aussi noyer, mélèze, sapin. On peut même y dénicher des lys martagon !


Fabrication de la glace
Au XVIIe siècle, la fabrication par accumulation et tassement de neige dans des cavités et l’exploitation des cubes de glace transformée durant l’été est une activité importante permettant, entre autres choses, la fabrication des sorbets ou la conservation des cadavres. Ce commerce, contrôlé par les vice-légats pontificaux, s’étend jusqu’à Avignon, Marseille et Montpellier.

En 1724, l’historien Joseph Fornery indique que ce sont les habitants de Bédoin, durant l’hiver, qui font des magasins de neige dans la montagne pour en faire ensuite un commerce considérable. Bien que sur le versant septentrional se retrouve la « combe de la Glacière », c’est sur le versant méridional que cette pratique est la plus répandue grâce à la facilité du transport vers la plaine comtadine. La technique de production reste connue. Durant tout l’hiver, des hommes chaudement vêtus de peaux de bête partent à dos de mulet, entre la combe Fiole et le combe du Grand Clos, pour entasser de la neige fraîche dans des fossés préparés à l’avance puis la recouvrent de branchages et de feuilles afin de la conserver.

Ainsi en 1719, ce sont 22 tonnes qui parviennent à Montpellier, soit, avec une perte estimée à 50 % , 45 tonnes qui sont parties du Ventoux. Vers la fin du XVIIIe siècle, les fermiers reçoivent 6 000 livres pour leurs livraisons, ce qui correspond à la vente de 1 500 tonnes de glace.

Entre 1707 et 1716, ce sont surtout Carpentras, Avignon, Orange et Arles qui passent des contrats avec les fermiers. Plus ponctuellement apparaissent Nîmes et Montpellier. La livraison s’effectue de nuit avec halte le jour, la neige pilée étant alors entreposée et tassée dans des glacières locales. Les charrois mettent une nuit pour atteindre Carpentras ou Avignon, deux nuits pour Nîmes et trois nuits pour Montpellier. Ce commerce va perdurer jusqu’à la fin du XIXe siècle, la commune de Bédoin comptant alors neuf conserves de neige d’environ 25 m3. L’apparition de la glace artificielle en 1890 met un terme à cette activité paysanne.
(Source Wikipédia)

Les photos en ligne sont l’œuvre de Laurent Gernez (www.ventoux-photos.com)
Conseil : en randonnée, vérifiez que votre appareil photo est bien attaché...

Portfolio

  • Photo L Gernez : Cerisiers et Ventoux
  • Combe Ventoux - Photo L Gernez
  • Combe Fonfiole - Photo L Gernez
  • Combe Fonfiole, Ventoux - Photo L Gernez
  • Combe Fonfiole - Photo L Gernez
  • Lever du soleil sur le Mont Ventoux - Photo L Gernez
  • Cerisiers et Ventoux - Photo L Gernez