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Île de Pomègues

dimanche 11 juin 2017

Un jour - ce ne pouvait être que le jour puisque la nuit les peuples antiques ne naviguaient pas - un jour donc, en panne d’eau sans doute et la langue sèche de trop d’anchois avalés sur des galettes sèches, les phéniciens jetèrent l’ancre dans la crique de Pomègues.

Au fond de la rade s’élevaient des fumées. Prudents et ignorant l’accueil qui leur serait réservé, ils prirent le temps d’observer la côte au loin, dans la brume de chaleur, et de suivre le mouvement des barques.

Dénivellation : 50 m Durée : ad libitum

Départ : Soit à partir du Vieux Port avec la navette
Soit à partir de la pointe de Malmousque, en kayak

Voir la carte IGN
Carte IGN 1/25 000 : 3145 ET
L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

Pomègues fut donc leur premier mouillage, mais le manque d’eau sur les îles les obligea rapidement à faire voile vers la terre. Une calanque s’ouvrait au milieu de la rade, ils y débarquèrent, firent souche, et... nous voilà.

Nous voilà, 2600 ans plus tard, faisant à la rame la route inverse, du pont de la Fausse-Monnaie à l’île de Pomègues, nous rejoignons le port grec, qui fut aussi romain, puis port de quarantaine. Dans les sables se cachent encore les culots en terre des pipes à opium que fumaient les marins pour calmer leurs douleurs....

Pomègues est aujourd’hui géré par le Parc National des Calanques, redevenu intemporel, tel que les phéniciens le découvrirent.
Enfin… presque !


Silhouette calcaire au large de Marseille, l’archipel du Frioul, composé de quatre îles, Pomègues, Ratonneau , If et Tiboulen, couvre deux cents hectares.
Semblable aux calanques de Marseille et aux madragues de l’Estaque, il présente des falaises blanches stratifiées tombant dans la mer.
Le microclimat aride du site engendre des espèces florales originales. Au total, deux cents espèces de plantes peuvent être observées dont certaines sont protégées. Ces îles sont également un refuge pour de nombreux oiseaux marins.

L’histoire de ces îles commence avec celle de Massalia.
A Pomègues fut édifié le port romain, et c’est entre Pomègues et Ratonneau que Jules César fit mouiller ses galères lors du siège de Massalia, ainsi qu’Alphonse V après la mise à sac de Marseille en 1423.
Et c’est encore sur ses fonds de sable, que les nefs en provenance du Levant effectuaient leur quarantaine, quand elles n’étaient pas consignées à Jarron, dans l’archipel de Riou ou au port de Pomègues.

Ces îles, du fait de leur position stratégique en rade de Marseille, ont constitué pendant longtemps des défenses avancées : chaque éminence porte un fort militaire, et les batteries, tranchées, postes d’observations, parsèment l’ensemble de l’archipel. Dès Henri IV, un fort très important couronne l’île Ratonneau, actuellement totalement enfoui sous les reconstructions successives. Puis, sous François Ier, l’île d’If est fortifiée et, sous Louis XIV, les fortifications sont étendues à l’ensemble de l’archipel par Vauban, puis complétées sous Napoléon.
En 1720, les marchandises du Grand Saint-Antoine en provenance du Levant sont déchargées nuitamment. Pour la grande foire de Beaucaire, les négociants affréteurs n’ont pas voulu attendre la fin de la quarantaine et ajourner le déchargement… La peste entre dans Marseille.
En 1820, la fièvre jaune cause des ravages en Espagne et la décision est alors prise de déplacer la quarantaine à Ratonneau et d’y construire un hôpital, l’hôpital Caroline.

Sous la Troisième République, la majorité des fortifications de l’archipel sont reprises ou édifiées : les forts de Ratonneau et de Pomègues, le fort du Brégantin, la tour de Pomègues, les batteries du cap de Croix, du cap Caveaux,… Ces fortifications édifiées entre 1860 et 1900 donnent à l’archipel son paysage actuel. En 1902, l’armée édifie le dernier bâtiment militaire, le sémaphore de Pomègues, en cours de restauration. Il servira jusqu’en 1992.

En 1920, pour répondre à l’accueil des réfugiés arméniens fuyant le génocide, un centre de tri sanitaire est créé à Ratonneau.
Durant la Seconde Guerre mondiale, l’occupation allemande investit les fortifications de l’île, les modifie, les complète par la construction de batteries nouvelles, de redoutes.
L’archipel, et surtout Ratonneau, inhabité, est massivement bombardé lors de la Libération. Aujourd’hui le sol lunaire, parsemé de cratères de bombes, surprend encore le visiteur. Après la guerre, les îles restent terrain militaire et abritent escorteurs d’escadre et chasseurs de mines.

En 1975, le maire Gaston Defferre obtient de la Défense, l’autorisation de transformer la rade militaire déclassée en un port de plaisance. Un service de navettes maritimes est créé à cette occasion. En 1995 le reste des îles sera cédé à la commune de Marseille par le ministère de la défense . La majorité de l’archipel est aujourd’hui sous la tutelle du Parc National des Calanques.

Portfolio

  • Batterie du fort de Cavaux
  • Bitte d'amarrage devant l'ancienne capitainerie de la (...)
  • Deux bittes taillées dans le calcaire
  • Calanque de Morgiret
  • Bittes et tunnels d'amarrage
  • Calanque Ste Esteve
  • Château d'If vu de la porte du fort de Ratonneau
  • Hôpital Caroline, Marseille et Garlaban en fond
  • Hôpital Caroline vu du fort de Ratonneau, Marseille et Garlaban en (...)
  • Temple néoclassique
  • Péristyle
  • Pisciculture dans le port romain
  • Tour du Poméguet
  • Débarquement à Pomègues