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L’eau en Provence

vendredi 11 septembre 2015

Depuis les temps les plus reculés, l’eau est une préoccupation majeure en Provence : trop abondante dans les plaines, trop rare sur les hauteurs.

Elle fut l’objet des attentions de tous les peuples comme la fontaine semi circulaire de Glanum, sacrée depuis plus de 3000 ans, le démontre.
Aujourd’hui, enjeu industriel de développement, elle fait l’objet de toutes les convoitises.

La Durance

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A l’ère quaternaire, la Durance est un puissant fleuve alimenté par la fonte des glaciers. Il passe à l’extrémité des Alpilles, au pertuis de Lamanon, et traverse la Crau pour se jeter dans la mer vers l’actuelle Camargue. La Durance dépose alors un conglomérat de galets et pierrailles liés par un ciment calcaire dans la plaine de la Crau, véritable delta à cette période.

Environ 600 000 ans avant notre ère, la déformation de la plaine de Camargue va entraîner un déplacement progressif des cours d’eau. La Durance va se déplacer de la Camargue vers Port St Louis pour se jeter dans l’étang de Berre.

Il y a environ 10 000 ans, de fleuve la Durance devient rivière. N’arrivant plus à franchir le pertuis de Lamanon, elle s’oriente vers le nord ouest, contourne les Alpilles en direction d’Avignon, et rejoint les eaux du Rhône dont elle devient affluent.

Longtemps cette rivière s’est apparentée à un torrent alpin, impétueux, avec des coups de colère redoutés par les hommes vivant dans son voisinage. Sa domestication entreprise dans les années 50 a fait d’elle un atout essentiel de l’activité économique de la région.

Les eaux de la Durance sont prisées par ses deux rives :

Au nord, la concession du canal St Julien dans le Vaucluse, la plus ancienne, date de 1171. Elle résulte de l’attribution des droits d’eau de la Durance par les papes en Avignon aux évêques de Cavaillon. Au fil des siècles, d’autres canaux viennent puiser l’eau de la rivière.

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Au sud, plusieurs ouvrages sont également édifiés : le béal de Chateaurenard en 1216, celui du moulin de Sénas en 1303, du canal de St Andiol en 1352, celui du Puy Ste Réparade en 1428 et, évidemment, des canaux comme ceux de Craponne en 1554 et Boisgelin (Alpines) à partir de 1784. Enfin, en 1839, sera construite la prise du canal de Marseille, pour un usage domestique et industriel.

Le canal d’Adam de Craponne

Le canal fut construit en 1554 par A de Craponne, ingénieur du Roi. Cet ouvrage majeur irrigue tout l’ouest des Bouches du Rhône. Le réseau principal représente environ 145 kms, auquel se rajoute une longueur considérable de canaux secondaires d’irrigation. A l’origine et jusqu’au milieu du XXè sicle, il prenait sa source directement dans la Durance. Aujourd’hui, il est alimenté par le canal EDF, sur la commune de Lamanon.

Jusqu’au XIX siècle, il n’est qu’un fossé en terre qui se démultiplie en plusieurs branches, puis rigoles, pour alimenter moulins, usines et terres agricoles. Il va permettre à l’agriculture de se développer notamment dans l’aride plaine de la Crau.

Son parcours s’inspire de façon systématique de celui que la Durance empruntait quand elle était encore un fleuve puissant qui franchissait le pertuis de Lamanon pour former son delta dans la plaine de la Crau, il y a plus de 12 000 ans. Plus de 400 ans plus tard le canal de Craponne est encore opérationnel.

Gestion de l’eau

La croissance de l’activité agricole et des besoins en eau conduisent à des conflits. Lors de pénurie en période d’étiages de la rivière, les prises effectuées en aval sont toujours plus difficiles à desservir. Les conflits d’intérêt deviennent tels dans les années 1890 que la guerre de l’eau conduit à des coups de fusils.

Face à l’aggravation de la situation, l’Etat intervient et instaure la commission des prises d’eau de basse Durance ou "Commission exécutive de la Durance " (CED), composée de 10 membres élus à part égales, et de 5 membres nommés par le ministère de l’agriculture. Avec EDF elle participera à l’aménagement hydro électrique de la Durance.
Lors de la canicule de 2007, la CED sera amenée à prendre des mesures drastiques pour réduire la consommation d’eau.

Ce patrimoine hydraulique offre plusieurs facettes : fontaines, lavoirs, aiguiers, puits, mines d’eau. Intimement lié aux pratiques sociales et économiques, il rythmait les activités tout au long de l’année. L’attachement que leur porte toujours les populations témoigne de leur importance.

Source : "La mémoire de l’eau" Edition : Autrement


Le canal EDF

Construit à la fin des années 50, le canal usinier puise l’eau de la Durance à partir du barrage de Serre Ponçon dans les Htes Alpes. Son débit est 250 m3 à la seconde à St Chamas. Ses dimensions sont de 7 m de haut et 20 m de large. Il a une double fonction : alimenter une série d’installation hydro électriques (Jouques, St Estève, Mallemort, Salon, St Chamas) et la quasi totalité des canaux agricoles des Bouches du Rhône qui y prennent leur source (canal de Craponne, de Marseille, des Alpines...).

Le canal de Provence

Il est l’autre canal de l’époque moderne : sa construction a débuté en 1964. Sa vocation est régionale. Il capte l’eau du Verdon, son débit peut atteindre 40m3 à la seconde et fournit 40% de la consommation de la l’agglomération marseillaise et la majorité de la population du Var. Aix est desservie par cet ouvrage qui alimente la réserve de Bimont, au pied de Ste Victoire.

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