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Mons, retour vers la préhistoire

vendredi 10 novembre 2017

lundi 21 septembre 2015

La neige colle encore au Lachens, à la montagne du Malay. Elle noie les combes, les sentes et habille de blanc les mégalithes de Mons.

Ces « pierres de mémoire », se déclinent en dolmens, dont le rôle est funéraire, et en menhirs, évoquant les anciennes pratiques rituelles. Si la plupart des mégalithes ont été décimés au cours des âges, le Var offre encore soixante-dix témoignages en assez bon état de conservation.
Dénivellation : 200 m Durée : 6h00

Localisation : Centre Var. De Fayence rejoindre Mons par la D563.

Lieu de départ : Mons. Stationner place Saint Sébastien.

Voir la carte des principaux mégalithes du Var

Mons est situé sur un éperon rocheux surplombant les vallées de la Siagne et de la Siagnole. Elle offre une vue remarquable sur la côte varoise, les îles de Lérins, les Alpes à la frontière italienne et, par beau temps d’hiver, les sommets enneigés de la Corse.
La randonnée présentée se propose, à partir de Mons, de longer le pied du Ribas de Bliauge, largement ouvert vers le sud est, en direction de la cascade de Clar.
Entre montagne et plaines cotières, à proximité de sources et de cours d’eau, les hommes, au néolithique, constituent alors des groupes humains sédentaires et hiérarchisés. Ils pratiquent l’agriculture, l’élevage et la pêche. Succédant à une société de chasseurs cueilleurs (mésolithique), ils ont cessé d’être des prédateurs. Ils cultivent l’orge et le blé (dont ils ont appris à extraire le grain et à faire de la farine, donc du pain), élèvent des moutons, des chèvres, des boeufs et des porcs, traquent le poisson dans les rivières et les lacs et chassent le sanglier, le cerf et le lièvre.

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Le silex, une denrée rare dont ils font commerce, leur fournit des armes ainsi que des outils pour travailler le bois ou la terre : haches polies (dont certaines forcées dans des gaines de cerf, elles-mêmes fixées dans des manches en bois), poignards, polissoirs, faucilles, lames, pointes de flèche, poinçons…

Comme le prouvent les objets découverts près des sites mégalithiques, ces hommes connaissent l’art de la céramique (ils savent fabriquer de petits vases soignés) et façonnent des colliers de coquillages, des pendeloques en os et autres bijoux en roche verte.

Si de – 6000 à – 4000 ans, leurs morts eurent des sépultures individuelles et furent ensevelis dans des grottes, fosses ou coffres, de – 4000 à – 2000 ans, ils optent, avant la création des premières pyramides, pour des sépultures collectives, abritées par des dolmens. Nous allons à la rencontre de 3 d’entre eux...

Cette période féconde, dite néolithique, sera suivie des âges de bronze et de fer.

Quitter Mons par la D56 puis, immédiatement, prendre à gauche la rue qui conduit à la chapelle Saint Pierre. Le parcours, balisé en jaune, emprunte le sentier 30 m, à droite, après la chapelle. Le dolmen de Riens est à 300m de là au nord du sentier.

Le versant est marbré de restanques ; elles abritent plusieurs oliveraies. Ces murets sont l’oeuvre d’une quarantaine de familles génoises que Gaspard de Villeneuve, seigneur local, fit venir au XV siècle pour repeupler la contrée dévastée par la peste en 1348.

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Les mégalithes présentent une architecture de pierre plus ou moins élaborée. Ils constituent la plus ancienne architecture de pierre connue dans le monde. Constitués par une dalle horizontale reposant sur des blocs verticaux, les dolmens (du breton dol, table et men, pierre) sont généralement aménagés au centre d’un tumulus (monticule artificiel composé de terre et de pierres, de forme et de taille variables) et comportent une chambre (espace sépulcral situé au centre du mégalithe), une antichambre, le tout avec ou sans couloir d’accès. L’entrée aménagée sur la façade du tumulus était ouverte pour permettre de nouvelles inhumations.

Poursuivre vers le nord-est jusqu’à rejoindre une large piste que l’on quitte immédiatement pour suivre celle de la DFCI (Défense Forestières Contre les Incendies, budgétisée par l’Europe). Au bout de 200m emprunter le sentier à main droite ; il conduit au mégalithe de la Colle, puis au dolmen des Brainées.

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Poursuivre en direction du vallon du Ray, le traverser et remonter vers les Galants à la rencontre, temporaire, du GR 510 que l’on suivra de la Bastide aux Galants.

Abandonner le GR à la sortie des Galands pour reprendre le tracé jaune, gouter à la fraicheur de la cascade de Clar, observer l’étagement de la végétation selon l’altitude et l’exposition (chênes, pins sylvestres...) puis, selon la courbe de niveau, à l’abri des vents froids du nord, avec pour soi ce paysage si méditerranéen, rejoindre le Plan de la Colle et, par le même sentier qu’à l’aller, la chapelle St Pierre puis Mons.

L’age des mégalithes est connu grâce aux fouilles qui ont livré du mobilier et des ossements, voire de la céramique ou des bijoux.

Le matériau utilisé pour leur fabrication a toujours une origine locale, dans le Var essentiellement du calcaire, sous forme de grandes dalles prêtes à l’emploi, mais aussi du schiste et du grès, roches relativement tendres, assez faciles à travailler avec les outils de l’époque.

La fonction du dolmen est sépulcrale : La découverte d’ossements humains, de poteries, d’armes, de bijoux a accrédité l’idée qu’il s’agit bel et bien de monuments funéraires.

Il ne fait donc plus de doute que ces géants de pierres ont été élevés pour protéger les morts et les évoquer.

La société rurale et villageoise qui s’est mise en place à partir du 6e millénaire avant notre ère a inventé une religion forte, celle des ancêtres. Les sépultures mégalithiques sont collectives avec des rites funéraires précis. Les corps étaient déposés entiers dans la chambre, puis rangés lors des apports successifs.

Contrairement aux dolmens, le rôle des menhirs, polis ou simples blocs équarris, parfois ornés, d’une taille allant de 1 à 20 mètres et pouvant peser jusqu’à 350 tonnes, continue de susciter des interrogations. Ils sont difficilement datables car les fouilles ont rarement livré des objets ou des ossements à leur pied. Leur érection a-t-elle obéi à un comportement rituel ? Faut-il chercher dans leur motivation une relation liée au sacré, au prestige d’un chef ? Le rituel du menhir aurait donc un lien avec le pouvoir, le sacré ou la mort. À moins qu’il ne s’agisse tout simplement de justifications plus matérielles : indications de chemins ou de pistes, signaux d’aires de rassemblements périodiques, stèles ou bornes destinées à délimiter un territoire ou un espace sacré....