Rando Var

Randonnées Var Provence Alpes

Accueil > Rando Var > Centre Var > L’aqueduc romain

L’aqueduc romain

vendredi 10 novembre 2017

L’aqueduc romain

lundi 21 septembre 2015

Au premier siècle avant JC, les Romains installent un comptoir à Frejus, puis sédentarisent une légion. Les besoins en eau de la cité explosent. La source de La Foux, située près du marais de Fondurane (Lac St Cassien), a un débit insuffisant. La décision est prise de capter les résurgences de la Siagnole, situées à 516 m d’altitude et à 42 km de là, afin d’acheminer les eaux par un canal dont la construction débute à flanc de gorge.

La randonnée présentée propose de suivre l’aqueduc romain à partir du partiteur du Jas Neuf.

Vous allez rencontrer les défis des géomètres romains ou des tailleurs de pierres et vous vivrez leur travail, leurs doutes, et devinerez l’énergie qu’il leur aura fallu déployer pour qu’une eau claire arrive à Fréjus...
Dénivellation : 140 m Durée : 4h 30

Localisation : Centre Var. Sortir de l’autoroute aux Adrets. Se diriger vers Callian puis suivre le CD 37 en direction de Mons.
Le partiteur du Jas Neuf est situé au Nord de Callian sur la droite de la route ; une plaque est apposée.

Lieu de départ : Partiteur du Jas Neuf

GIF Voir la carte IGN

La fonction d’un partiteur est d’orienter débit et volume. Deux aqueducs convergent vers le partiteur, séparé d’une vingtaine de mètres. L’aqueduc romain est celui du haut.

Trois sources sont en effet captées dans le lit de la Siagnole, et sont exploitées actuellement :
- La source romaine NEISSOUN assure les deux tiers du débit et alimente l’aqueduc romain restauré en 1890 sur 5 km jusqu’au partiteur de JAS NEUF,
- la source JOURDAN, captée en 1890 alimente le canal du même nom jusqu’au partiteur de JAS NEUF,
- les sources nouvelles captées en 1918 alimentent le canal JOURDAN.

Entre le JAS NEUF et la source de la SIAGNOLE, sur 5 km, la pente de l’aqueduc est douce : 1,20% au premier kilomètre jusqu’à SAN PEIRE pour resurgir au dessus de la vallée de la SIAGNOLE, et moins de 1% pour atteindre la source.
Sur ce tronçon, l’ouvrage est constitué d’un canal couvert et les ingénieurs romains ont surmonté deux obstacles majeurs :
- Entre le JAS NEUF et SAN PEIRE, la traversée d’une butte en tranchée profonde de 15 m dans des marnes compactes,
- à la ROCHE TAILLEE, en terrain calcaire, l’effondrement d’une première tranchée dans les gorges de la SIAGNOLE les a contraints à en creuser une seconde en retrait, de 12 m de profondeur sur une distance de 30 m.

Qu’il soit en tranchée ou perché sur un ouvrage, les romains ont pris la précaution, par salubrité, de recouvrir les pieds droits du conduit par un voûtin maçonné sur toute la longueur de l’aqueduc.
Réalisé à l’intérieur d’une cunette en béton en forme de U, ses parois au contact de l’eau étaient recouvertes d’un enduit étanche lissé, au mortier de tuileau. De section trapézoïdale à la base, ses dimensions varient peu sur toute la longueur avec 0,60 m au fil d’eau du radier et 0,65 m à la naissance du voûtin. Seule la hauteur qui est le plus souvent de 1,12 m atteint 1,20 et 1,30 m dans sa partie la plus horizontale pour des raisons de confort hydraulique.

Vous êtes au dessus de la Siagnole ; c’est ici le royaume de la hêtraie sapinière : groupement mixte à hêtre et à sapin ! Chènes, fougères, mousses tapissent le sol et les violettes poussent de partout !
Au loin la vallée de la Siagne puis St Cézaire dans un amoncellement de petits cubes blancs agglutinés au bord du vide.
Le tracé de l’aqueduc rejoint le GR49 juste avant la Roche taillée et longe la D56 sur 100m. Traverser la route et poursuivre le long de l’aqueduc jusqu’aux résurgences.
Là, plusieurs blocs taillés sont alignés, rive gauche, sous les arbres : ils proviennent... Un site passionnant et parfaitement documenté expliquait tout ça...mais les flux numériques s’effacent, et n’ont, hélas, pas la pérennité de l’écrit (http://traianus.rediris.es/textos/frejus_fr.htm)
Compter 3h si vous vous arrêtez à la source. Compter 1h30 en plus si vous poussez jusqu’à Mons par le sentier qui,à hauteur du captage en rive gauche, part en direction de Mons. Retour par le GR 49 jusquà la Roche Taillée.

Remettre alors ses pas dans ses pas, en sens contraire ...

"A trois quarts de lieue de Fréjus, d’énormes tronçons de ruines commencent à poindre çà et là parmi les oliviers. C’est l’aqueduc romain.
L’aqueduc neuf et complet était beau sans doute il y a deux mille ans, mais il n’était pas plus beau que cet écroulement gigantesque répandu sur toute la plaine, courant, tombant, se relevant, tantôt profilant trois ou quatre arches de suite à moitié enfouies dans les terres, tantôt jetant vers le ciel un arc isolé et rompu ou un contrefort monstrueux debout comme un peulven druidique, tantôt dressant avec majesté au bord de la route un grand plein cintre appuyé sur deux massifs cubiques et de ruine se transfigurant tout à coup en arc de triomphe.
Le lierre et la ronce pendent à toutes ces magnificences de Rome et du temps."
Victor Hugo Carnets - octobre 1839

Le premier captage réalisé par les romains a été fait dans le lit du Biançon, à 400 m environ du lac de St Cassien. Voir la carte.
Près du lac, la galerie se prolonge par un bassin tampon. L’aqueduc est parfaitement visible, sur la rive gauche du Biançon, en contre bas de la chaussée. Il est en bon état à de nombreux endroits et s’enterre par moment mais son passage reste toujours intelligible en surface. Il débouche à proximité de la Source de La Foux, dans le lit du Biançon, juste en contrebas des culées d’un ruine de pont visible de la route.

Le nouvel aqueduc, en provenance de la Siagnole, rejoint en aval cette galerie, à une cinquantaine de mètres de l’ouverture barreaudée située dans le lit du Biançon. Il est visible à deux endroits où la voute s’est effondrée. Ces deux effondrements sont situés à proximité de la plaque R5 indiquée sur la carte.

L’aqueduc, de là, traverse toute la plaine de Montauroux, monte à l’Ouest de Callian, le lit de la Camiole, et rejoint le plateau des Tourrettes puis la Siagnole. Il est à noter que plusieurs dérivations ont été installées très tôt sur ce plateau pour desservir les 4 villages surplombant la plaine de Montauroux.