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Le sommet de Marseilleveyre par la Grotte Roland

mardi 14 novembre 2017

lundi 28 décembre 2015

Marseilleveyre par la face Nord....

L’ascension de Marseilleveyre (432m) par la grotte Roland est une directissime en langage de grimpe.
Sa caractéristique principale est que la montée est une promenade facile qui se déroule à l’ombre.
Du sommet la vue embrasse tout l’horizon : des iles des Embiez à la Camargue.
Dénivellation : 280 m Durée : 2h à 3h00

Départ : Traverser Marseille en direction de la Pointe Rouge, puis la campagne Pastré passée, prendre sur la gauche le Bd de la Grotte Roland. Stationner à hauteur de l’aqueduc.

Le départ s’effectue à 50m de là.

GIFVoir la carte IGN
Carte IGN 1/25 000 : 3145 ET
L’extrait de carte ne suffit pas pour randonner : il est indispensable de disposer de la carte indiquée.

Franchir la barrière DFCI et suivre le talweg en laissant à main gauche la piste incendie. Le sentier balisé jaune orange et vert s’élève progressivement parmi pins, viorne, chênes kermes...
Des vestiges sont blottis sous le baou en bordure du mur qui fermait le talweg. Etait ce un poste de garde ou un abri de berger ?....

Le talweg rejoint un sentier fléché jaune et noir en provenance de la Madrague de Montredon. Le suivre vers l’est. Il chemine le long du balcon calcaire, qui s’éleve progressivement et constitue le socle du massif. Au bout de 200m, un sentier bordé d’une pierre peinte d’’une croix noire plonge sur la gauche. Il conduit à la Grotte Roland à 50m de là.

Profonde d’une centaine de mètres, située juste en bordure du banc calcaire et dominant le vallon des Trois Gancets et Montredon, la grotte est définie comme espace à protéger. En bordure d’une mégapôle la protection de la diversité se doit d’être une priorité aussi, il n’est donc pas souhaitable de pénétrer dans la galerie : des chiroptères (minioptères de Schreibers, pour être précis), espèce sensible, recolonisent la grotte. Merci pour elles.

Plusieurs légendes ont pour origine la grotte Roland. Selon Ely BOISSIN dans son ouvrage sur les Calanques, le curé des Accoules y aurait abrité au XVI siècle des amours interdits. Ayant sous la torture avoué il fut jugé, condamné et supplicié à Aix. Mais les conséquences, à en croire les chroniques, furent jugées désastreuses : "Ses cendres jetées au vent furent une semence admirable : de tous cotés la folie contagieuse se répandait..."

Poursuivre vers l’est jusqu’ à la bifurcation entre flèches jaunes et noires. Les noires conduisent au col de la Selle à travers le bois éponyme où plusieurs familles de sangliers ont élues domicile. Le sentier fléché en jaune conduit au sommet de Marseilleveyre en franchissant une à une les différents bancs de calcaire, à travers une succession de cheminées qui n’offrent pas de difficultés particulières. A mi hauteur il est rejoint par le GR 98A, fléché en rouge, en provenance du col de la Selle.

Le sommet offre un panorama à 360 degré. La vue porte sur la cote Bleue, dépasse Marseille, les iles du Frioul, Planier. Les iles Maire, Jarre, Jarron, Plane Riou sont à vos pieds. Le cap Canaille, au delà de la Candelle et du Mont Puget ferme l’horizon, débordé vers le sud par les Iles des Embiez et le cap Sicié.

A coté de la croix, les ruines de la vigie rappellent l’insécurité avec laquelle Marseille longtemps a dû compter. La trace manuscrite de la plus ancienne implantation d’une vigie au sommet de Marseilleveyre remonte en 1302. A cette époque la côte était bordée de fanaux dont le but n’était pas forcément de venir en aide aux marins, mais, tout au contraire, d’induire un naufrage.

Et vous découvrez Callelongue, sa vigie, le plateau de St Michel comme jamais vous ne les avez vus.

Pour le retour, suivre le tracé bleu, qui rejoint de Pas de la Selle à l’ouest, en un cheminement aérien sur la crête.

C’est par ce Pas de la Selle, en 1720, que les marchandises du Grand St Antoine, alors mouillé en quarantaine à l’Ile de Jarre, furent nuitamment débarquées, et avec elles le bacille de la peste. Le vallon des Cailles au débouché des gorges était le point de départ de caravanes muletières.

La grande foire de Beaucaire allait en effet ouvrir. Impossible pour nos négociants d’attendre la fin de la quarantaine et d’ajourner le déchargement. Quelques incitations sonnantes et trébuchantes versées aux gabelous, le Grand St Antoine vint mouiller à l’ouvert de la calanque de Marseilleveyre, calanque bien plus discrète que le Frioul pour organiser un débarquement furtif des marchandises....C’est pourquoi, au vallon des Cailles, se cache la sépulture de quelques muletiers enterrés sans cérémonies.

La peste à Marseille
"Le mal, se jouant des précautions des uns et de l’incrédulité des autres, pullulait secrètement dans cette rue et dans les maisons voisines. Il se répandait à la sourdine en d’autres rues ; car Joli, fripier à la place des Prêcheurs, avait déjà perdu une fille et tout le reste de sa famille a péri tout de suite ; et dans la rue de l’Oratoire, la nommée Bouche, tailleuse, fut elle aussi attaquée du mal ; tous ses parents sont morts...."

"Déjà tous les domestiques, valets et servantes et tous les pourvoyeurs ont péri ou sont tombés malades ; on ne trouve plus à les remplacer ; les pauvres et tous ceux qui louent leurs œuvres ont eu le même sort, et avec eux ont manqué tous les secours et tous les services qu’on en retire...."

Source : Marseille Ville Morte C CARRIERE - M COURDURIE - F REBUFFAT